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Duvalier accusé de détournement de fonds

Jean-Claude Duvalier escorté par des policiers
Jean-Claude Duvalier escorté par des policiers Photo: La Presse canadienne / Ramon Espinosa
Radio-Canada

L'ex-dictateur haïtien, Jean-Claude Duvalier, doit maintenant rester à la disposition de la justice, après avoir été accusé mardi de vol, de corruption et de détournement de fonds.

« Son sort est maintenant entre les mains du juge d'instruction. Nous avons déposé des accusations contre lui », a dit à Reuters le procureur général, Aristidas Auguste.

Le juge d'instruction devra maintenant étudier les accusations portées contre l'ex-dictateur (1971-1986) afin de déterminer s'il poursuit ou non l'affaire sur le plan judiciaire.

Un des avocats de M. Duvalier a confirmé à l'AFP le dépôt des accusations envers son client, tout en affirmant ne pas comprendre la situation. « Il est libre, mais il reste à la disposition de la Justice », a-t-il précisé.

Interpellé par un journaliste de l'AFP au moment où il quittait le palais de justice de Port-au-Prince, Jean-Claude Duvalier a dit se sentir « bien », avant de s'engouffrer dans une voiture, escortée par des véhicules de police. Il est de retour à son hôtel.

L'ancien dictateur, revenu au pays dimanche après 25 ans d'exil pour des raisons inconnues, avait été conduit quelques heures plus tôt au bureau du procureur général par une importante escorte policière, venue le chercher à l'hôtel Karibe.

Ottawa se félicite de la tournure des événements. Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s'est dit ravi des accusations portées contre M. Duvalier et a félicité les autorités d'Haïti pour avoir fait appliquer la loi.

« Nous voulions voir le système judiciaire faire ce qu'il a à faire et suivre le processus légal, et c'est ce qui est en train de se passer », a dit M. Cannon.

La diaspora réagit

À Montréal, l'inculpation de Jean-Claude Duvalier suscite des attentes au sein de la communauté haïtienne.

Plusieurs organisations de défense des droits de la personne, comme Amnistie internationale et Human Rights Watch, demandent que M. Duvalier soit traduit en justice pour les crimes commis par les membres de sa police secrète, les tontons macoutes, qui torturaient et tuaient les opposants politiques.

Haïti pourra récupérer une partie des millions volés

Jean-Claude Duvalier est soupçonné d'avoir détourné quelque 100 millions de dollars durant son règne, sous le couvert d'oeuvres sociales.

L'État haïtien devrait d'ailleurs pouvoir mettre la main sur quelque 5,7 millions de dollars gelés dans des comptes suisses depuis 1986 par décision du gouvernement.

En février 2010, la restitution de ces sommes avait été annulée en raison de l'absence d'un traité d'entraide judiciaire entre Haïti et la Suisse.

Toutefois, une nouvelle loi, qui devrait entrer en vigueur le 1er février, devrait changer la donne. Surnommée Lex Duvalier en Suisse, elle permet au gouvernement de rendre aux populations spoliées des fonds illicites bloqués dans la Confédération, même si l'entraide judiciaire avec l'État concerné ne peut aboutir.

Cette nouvelle loi devrait du même coup mettre fin aux tentatives de l'ex-dictateur pour récupérer ces sommes, la dernière en date remontant à mars 2010.

Un « fardeau » supplémentaire, selon les États-Unis

Après s'être dit étonné du retour de Jean-Claude Duvalier, lundi, Washington est allé un peu plus loin, mardi.

Le porte-parole du département d'État, Philip Crowley, a déclaré que la présence en Haïti de l'ancien dictateur « ajoute au fardeau » du pays.

« Le fait qu'il arrive au milieu d'une situation très délicate [...] est une complication supplémentaire dans un contexte déjà difficile pour Haïti », a-t-il également commenté.

Les États-Unis, a précisé M. Crowley, avaient été prévenus par le gouvernement français une heure avant son arrivée sur l'île, et « suivent la situation de très près ».

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