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Jean-Joseph Ismé a fui Duvalier il y a 36 ans

Jean-Joseph Ismé a fui la dictature de Jean-Claude Duvalier en 1975.
Jean-Joseph Ismé a fui la dictature de Jean-Claude Duvalier en 1975.
Radio-Canada

C'est toujours la surprise ce soir en Haïti après le retour inattendu du dictateur déchu Jean-Claude Duvalier, rentré à Port-au-Prince dimanche après-midi. Jean-Joseph Ismé, un enseignant en histoire, qui a fui ce pays en 1975, n'est pas surpris par cette action, mais estime qu'il doit repartir.

Les organisations de défense des droits de l'homme réclament que l'ancien dictateur soit jugé pour des crimes commis sous sa présidence. Du côté de la diaspora haïtienne, les réactions sont aussi nombreuses, particulièrement pour ceux qui ont fui la dictature de Duvalier.

C'est le cas de Jean-Joseph Ismé, qui s'est réfugié au Canada il y a plus de 35 ans, et qui vit désormais au Manitoba. Il enseigne actuellement à l'école Garden City Collegiate de Winnipeg.

Le retour de l'ancien dictateur dans son pays n'est certainement pas une surprise pour la communauté internationale, ni pour le gouvernement haïtien, estime-t-il, car une personne en exil ne peut pas se déplacer sans un passeport, délivré dans son cas soit par la France, soit par Haïti.

J'ai été poursuivi par la police secrète. J'ai appris à ne pas être suicidaire, mais quand il fallait dire la vérité pendant mes cours, je le faisais.

Jean-Joseph Ismé

M. Ismé a très bien connu Jean-Claude Duvalier et a même vu sa vie menacée sous son règne. « J'étais professeur d'histoire et en tant que tel j'ai souvent eu à prendre position, ce que j'ai fait à plusieurs reprises. J'ai été poursuivi par la police secrète. J'ai appris à ne pas être suicidaire, mais quand il fallait dire la vérité pendant mes cours, je le faisais », se souvient-il.

Si Jean-Jospeh Ismé est encore en vie, c'est grâce au Canada, selon lui. Des amis à l'ambassade du Canada ont eu vent de se qui se tramait et l'ont averti de fuir le pays le plus rapidement possible. Ils lui ont fourni des papiers de résident permanent pour toute sa famille.

Quatre jours après son arrivée, il apprenait que 29 de ses meilleurs amis politiques avaient été arrêtés et qu'il était le trentième sur la liste. Seuls deux d'entre eux ont survécu.

Certaines personnes affirment que, malgré tout, le pays n'a rien connu de mieux depuis Duvalier, ce que ne nie pas M. Ismé. Excessivement nationaliste, l'enseignant dit avoir le coeur brisé de voir ce qui se passe en Haïti. « Le pays n'a jamais eu de passé démocratique. C'est vrai que le régime Duvalier a été criminel et qu'il y a eu des centaines de milliers d'exécutions, mais sous Duvalier, je n'ai jamais entendu parler de crime social. Haïti avait une stabilité », reconnaît-il.

Toutefois, il affirme que l'homme doit partir, comme prévu, le 20 janvier. « Que son voyage ait été orchestré par la communauté internationale ou par le gouvernement haïtien, ce n'était pas le moment, car le pays passe en ce moment par toutes les misères du monde », déplore-t-il.