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Impossible d'évaluer le risque du gaz de schiste

Site de forage de Talisman Energy à Bécancour

Un rapport préliminaire de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) conclut qu'il est impossible d'évaluer le risque de pollution atmosphérique et de contamination de l'eau liée aux activités d'exploration et d'exploitation du gaz de schiste.

L'étude de l'INSPQ a été commandée par le ministère de la Santé du Québec. Son mandat consistait à dresser un état des connaissances sur les risques d'atteinte à la santé que pose l'industrie du gaz de schiste et à cibler les connaissances qu'il est nécessaire de développer afin d'évaluer les risques.

« La recension des écrits [de nature scientifique et technique] réalisée a permis d'identifier quelques dangers, réels, soupçonnés ou potentiels, mais ne permet pas, pour l'instant, d'évaluer les risques à la santé pour la population québécoise », indique l'Institut.

« Pour chacune des thématiques abordées, l'absence de certaines informations essentielles à cette évaluation doit être notée, notamment quant aux techniques employées, aux substances utilisées ainsi qu'à la quantité de polluants émis », poursuit-il.

« De surcroît, à l'égard des impacts sociaux et psychologiques, les effets constatés sont liés à des conditions locales particulières qui doivent être documentées. »

En ce qui concerne les risques de pollution de l'air, l'INSPQ conclut par exemple qu'il est impossible d'estimer le risque lié à l'exposition de polluants comme les composés organiques volatils, puisque « les conditions d'exposition ne sont pas connues ».

Il est probable, avance l'INSPQ, que l'augmentation des niveaux de polluants soit surtout localisée à proximité des sites d'activité.

Au sujet des risques liés à la contamination de l'eau, l'INSPQ note que des cas « ont été rapportés dans la littérature et sont suspectés, mais non confirmés, être reliés à l'exploitation du gaz de schiste. »

La gestion des eaux usées utilisées est « un enjeu important », souligne l'INSPQ, puisque plusieurs substances chimiques utilisées dans le processus de fragmentation ont un potentiel toxique reconnu.

Il est cependant « impossible d'estimer le risque associé à l'exposition de ces contaminants de l'eau », conclut l'INSPQ.

Selon l'Institut, il est difficile d'évaluer les risques en raison de la nouveauté de la situation. « Les impacts potentiels sur la santé et les milieux de vie sont plus difficiles à cerner, car ils naissent de systèmes qui ne sont pas complètement connus. De nouvelles connaissances, mais aussi de nouvelles sources de questionnements, peuvent cependant émerger des travaux entrepris récemment aux États-Unis », note-t-il.

Québec fait son mea culpa

Nathalie NormandeauNathalie Normandeau

À Québec, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a admis vendredi que le gouvernement avait mal géré le dossier. « Si vous me demandez aujourd'hui : est-ce qu'on aurait pu faire les choses différemment? Je vous réponds : oui probablement qu'on aurait pu faire les choses différemment », a-t-elle déclaré.

La ministre a annoncé qu'elle entreprendra une tournée québécoise pour expliquer la position du gouvernement Charest dans ce dossier, aussitôt que le rapport du BAPE aura été déposé.

Sa tournée, dit-elle, vise à rétablir les faits dans le débat qui fait rage sur la place publique et qui est, selon elle, dominé par des propos démagogues.

« Écoutez, une vache émet plus de CO2 dans l'atmosphère qu'un puits. Je veux dire, c'est factuellement prouvé. Est-ce qu'on peut arrêter de faire ce genre de démagogie », lance-t-elle.

La ministre dit souhaiter des discussions plus sereines entre les différents intervenants.

« Il y a des groupes environnementaux au Québec, avance-t-elle, qui sont contre tout développement dans le domaine énergétique, que ce soit les éoliennes, les minicentrales, les grands barrages. Ils sont contre tout tout tout ».

Elle maintient qu'il n'est pas question que le gouvernement adopte un moratoire sur le sujet, comme le réclament les environnementalistes.

National