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Ben Ali en Arabie saoudite, le PM tunisien prend l'intérim

De la fumée s'élève dans le ciel de Tunis pendant des affrontements entre policiers et manifestants, le 14 janvier 2011.

De la fumée s'élève dans le ciel de Tunis pendant des affrontements entre policiers et manifestants, le 14 janvier 2011.

Photo : AFP / Fethi Belaid

Radio-Canada

Le président Zine el-Abidine Ben Ali a quitté la Tunisie, après 23 ans d'un règne sans partage. Le premier ministre, Mohamed Ghannouchi, assumera l'intérim.

M. Ben Ali est maintenant à Jeddah, en Arabie saoudite. Un communiqué du palais royal, cité par l'agence de presse officielle saoudienne SPA, confirme que M. Ben Ali est en territoire saoudien avec sa famille.

Précédemment, des informations non confirmées disaient qu'il se dirigeait vers la France. D'autres l'envoyaient au Qatar.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre Ghannouchi a indiqué qu'il assumait maintenant les fonctions de président. « Conformément à l'article 56 de la Constitution [...], j'assume provisoirement à partir de cet instant la charge de président par intérim », a annoncé Mohamed Ghannouchi, 69 ans.

Il a expliqué que le président Ben Ali, qui était au pouvoir depuis 1987, est présentement dans l'incapacité d'exercer ses fonctions. M. Ghannouchi promet de respecter la constitution et de restaurer la stabilité au pays.

L'article 56 de la Constitution indique qu'« en cas d'empêchement provisoire, le président de la République peut déléguer par décret ses attributions au premier ministre à l'exclusion du pouvoir de dissolution de la chambre des députés ». Selon l'agence officielle TAP, Zine el-Abidine Ben Ali a signé le décret juste avant son départ du pays.

Débat constitutionnel

Le recours à cet article est toutefois contesté par un constitutionnaliste, Sadok Belaïd. Il estime qu'on aurait dû s'appuyer plutôt sur l'article 57 de la Constitution. Selon l'article 57 de la Constitution tunisienne (Nouvelle fenêtre), si le président de la République ne peut plus exercer ses fonctions pour cause de décès, démission ou empêchement absolu, c'est le président de la Chambre des députés qui doit être investi pour une période de 45 à 60 jours.

Plus tôt, l'état d'urgence avait été décrété en Tunisie, quelques instants après que le président Ben Ali eut limogé le gouvernement, en appelant à des élections anticipées dans six mois.

L'armée contrôle l'aéroport et l'espace aérien est fermé, selon une source aéroportuaire.

Mohamed Ghannouchi, premier ministre tunisienAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mohamed Ghannouchi, premier ministre tunisien

Photo : AFP / Fethi Belaid

La télévision tunisienne a annoncé d'autre part qu'un couvre-feu était en vigueur à partir de 17 h, heure locale, et que les rassemblements de plus de trois personnes étaient interdits. Elle prévient également que les autorités auront recours aux armes si les ordres des forces de sécurité ne sont pas respectés.

Dans le centre de la capitale, on signale toujours des heurts violents entre policiers et manifestants. Des tirs y auraient entendus en fin de journée vendredi, sous le couvre-feu.

Plus tôt vendredi, des milliers de personnes s'étaient réunies devant les bureaux du ministère de l'Intérieur pour réclamer la démission du président.

Les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser.

Soulèvement continu! Non à Ben Ali!

Cri des manifestants vendredi matin

Au Canada, le ministère des Affaires étrangères recommande aux Canadiens d'éviter tout voyage non essentiel en Tunisie.

Par ailleurs, des sources médicales signalent que 13 personnes ont été tuées par des tirs des forces de l'ordre dans la soirée de jeudi, à Tunis et dans sa banlieue, après le discours d'apaisement du président. Plus d'une cinquantaine de personnes auraient aussi été blessées.

Jeudi, M. Ben Ali s'est adressé à la nation pour la troisième fois depuis le commencement des émeutes. Dans son discours, il a ordonné aux forces de l'ordre de cesser de tirer sur les manifestants et a laissé entendre qu'il ne serait pas candidat à l'élection présidentielle de 2014. Il a également annoncé la création d'une commission nationale dirigée par une personnalité indépendante qui sera chargée de proposer des réformes politiques et a ordonné la baisse des prix du pain, du lait et du sucre.

Le président a par ailleurs promis « la liberté totale » de l'information et de l'accès au web. Les sites Internet qui étaient jusque-là bloqués en Tunisie étaient de nouveau accessibles jeudi soir.

Toutefois, vendredi, le président a constaté que des centaines de Tunisiens étaient toujours mobilisés.

L'avocat et défenseur des droits de l'homme Mohamed Abbou disait ne pas croire le discours du président. « [Il] se moque des Tunisiens avec des promesses sans lendemain », avait-il affirmé.

Il ne suffit pas de déverrouiller Dailymotion et YouTube pour tourner la page; trop de sang a coulé.

Animateur de Radio Mosaïque, une radio privée

Vendredi, l'ambassadeur de Tunisie à l'UNESCO, Mezri Haddad, a présenté sa démission à M. Ben Ali. Quelques jours plus tôt, il l'avait supplié dans une lettre « d'arrêter le bain de sang ».

Un gouvernement d'union nationale?

Le ministre des Affaires étrangères tunisien, Kamel Morjane, avait déclaré en matinée sur les ondes de la radio française Europe 1, que des élections législatives anticipées étaient envisageables avant la prochaine présidentielle et que la formation d'un gouvernement d'union nationale en Tunisie était possible. « Je crois que c'est faisable et je pense que c'est même tout à fait normal ».

La participation de partis religieux à un éventuel gouvernement d'union nationale « reste une décision à prendre », avait expliqué le ministre, la constitution tunisienne ne le permettant pas.

Le mouvement de contestation populaire en Tunisie qui se poursuit depuis le 17 décembre dernier est sans précédent, selon plusieurs observateurs.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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