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Ben Ali tente d'apaiser les tensions

Zine el-Abidine Ben Ali

Zine el-Abidine Ben Ali

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans son discours à la population, le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali a ordonné aux forces de l'ordre de cesser de tirer sur les manifestants et a laissé entendre qu'il ne serait pas candidat à l'élection présidentielle de 2014.

« Pas de présidence à vie et je refuse que la condition délimitant l'âge du candidat à la présidentielle soit touchée », a déclaré M. Ben Ali, 74 ans, au sujet de la limite d'âge de 75 ans imposée pour une candidature à la présidentielle.

Le président tunisien a également annoncé la création d'une commission nationale dirigée par une personnalité indépendante qui sera chargée de proposer des réformes politiques.

Il a également ordonné la baisse des prix du pain, du lait et du sucre.

Le président Ben Ali, qui intervenait pour la troisième fois à la télévision depuis le début des troubles, a aussi promis la liberté de la presse et la fin des mesures de blocage de sites Internet. « Je vous ai compris », a-t-il dit à plusieurs reprises.

Le président tunisien a prononcé son discours au moment où les émeutes s'intensifiaient dans le pays.

Le couvre-feu décrété mercredi a été enfreint. Les émeutes ont repris dans la nuit de mercredi à jeudi en Tunisie, faisant 8 morts et 50 blessés en dépit de l'interdiction de circuler décrétée la veille dans la capitale et ses environs.

Des coups de feu tirés jeudi dans le centre de la capitale tunisienne ont fait un mort et au moins cinq blessés au cours d'une manifestation. La police a fait usage de gaz lacrymogène et a ouvert le feu pour disperser la foule.

Washington conseille aux Américains de différer tout déplacement « non essentiel » en Tunisie. Ottawa recommande aux voyageurs de « faire preuve d'une grande prudence ».

Un manifestant arrêté par la police à Tunis, le 13 janvier 2011.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un manifestant arrêté par la police à Tunis, le 13 janvier 2011.

Photo : La Presse canadienne / Hedi Ben Salem

Pillage de Hammamet

Plus loin, 60 km au sud de Tunis, la station balnéaire de Hammamet, une des plus importantes destinations touristiques, a été saccagée et pillée. Un poste de police et une permanence du parti au pouvoir ont été saccagés, ainsi que des résidences cossues, dont l'une appartiendrait à un proche du président, selon des résidents. « Mort à Ben Ali », a écrit un manifestant sur un mur de la demeure en question.

De nombreux barrages ont été érigés dans les rues par les passants et plusieurs commerces ont été volés.

66 personnes sont mortes depuis le début des violences déclenchées le 17 décembre dernier, selon la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme.

Jeudi, l'armée s'est retirée de la capitale, où des unités de police spéciales l'ont relayée. C'était la première fois depuis l'arrivée au pouvoir du président Ben Ali, en 1987, que le gouvernement décrétait un couvre-feu.

Réactions plutôt positives de l'opposition

En réaction au discours présidentiel, l'opposant tunisien Najib Chebbi s'est félicité jeudi soir de la décision du président Ben Ali de ne pas briguer un nouveau mandat en 2014 et a lancé un appel à la création immédiate d'un gouvernement de coalition.

« Ce discours est politiquement important et correspond aux attentes de la société civile et de l'opposition », a dit le fondateur du Parti démocratique progressiste (PDP).

« Le président a abordé le coeur de la question, les exigences de réformes. C'est très important et je salue ce fait (...) Franchement, je ne m'attendais pas à ce qu'il aborde tous ces problèmes », a-t-il ajouté.

« Mais ce qui demeure, c'est comment cela sera mis en oeuvre, et je demande qu'une coalition de gouvernement soit créée (...) La nouvelle politique dans ce discours est bonne, et nous en attendons les détails concrets », a-t-il précisé.

Le chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés, membre de l'Internationale socialiste, Mustapha Ben Jaafara, a jugé que le discours ouvrait « des perspectives » mais qu'il restait à « appliquer les intentions » du président.

Pour sa part, Ahmed ben Brahim, chef du parti Ettajdid, a parlé d'un discours « positif » car il « répond à des questions qui ont été soulevées par notre parti ».

La militante des droits de la personne Bouchra Bel Haji a évoqué « un discours historique » estimant que le chef de l'État « nous a libérés et s'est libéré lui même ».

De nombreux sceptiques, dont l'avocat et défenseur des droits de l'homme, Mohamed Abbou, ont cependant une tout autre interprétation du discours. Ils affirment ne pas croire le président en soutenant que ce dernier « se moque des Tunisiens avec des promesses sans lendemain ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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