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Québec n'entend pas rendre l'épargne obligatoire

Le leader parlementaire du gouvernement québécois Jean-Marc Fournier

Le leader parlementaire du gouvernement québécois Jean-Marc Fournier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement québécois n'a pas l'intention pour l'instant de créer un régime obligatoire d'épargne-retraite, comme le propose un rapport dévoilé mardi par l'ancien ministre Claude Castonguay, même si des discussions sur un régime d'épargne complémentaire au Régime des rentes du Québec sont en cours.

« Bien sûr, des réflexions ont déjà été entamées, pas dans le sens du régime obligatoire, mais d'un régime supplémentaire, volontaire, avec des facilités qui peuvent être données [aux travailleurs pour épargner]. Parce qu'il y a un contexte, on le sait, où on s'endette de plus en plus et où on épargne de moins en moins », a affirmé mercredi le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, lors d'un point de presse.

L'opposition réagit au rapport

Le Parti québécois soutient de son côté que Québec ne doit pas rendre obligatoire l'épargne-retraite par un régime de type REER.

Le PQ demande ainsi au gouvernement libéral de dire non aux propositions du rapport de Claude Castonguay.

« L'épargne doit être fortement encouragée, mais cela doit se faire sur une base individuelle. L'État n'a pas à s'immiscer dans la stratégie de placement et d'investissement des individus », a déclaré le porte-parole de l'opposition officielle en matière de régime de retraite, François Rebello, par voie de communiqué.

Selon le PQ, un régime obligatoire enrichirait de façon injustifiée les institutions financières qui imposent des frais plus élevés dans leurs fonds communs de placement, comparativement aux caisses collectives.

Le PQ affirme que la Régie des rentes du Québec constitue déjà un régime d'épargne obligatoire, dont le gouvernement doit assurer la pérennité, en le révisant selon les termes prévus dans la loi.

L'ADQ s'oppose aussi à l'idée d'obliger les Québécois à cotiser à un REER, mais souligne néanmoins le devoir du gouvernement d'encourager l'épargne.

« Le Québec est une des sociétés en Amérique du Nord où on met le moins de sous de côté, et il faut s'attaquer à ça, comme citoyens. L'État a un rôle proactif à jouer là-dedans en matière d'éducation des citoyens », a affirmé en entrevue le chef de l'ADQ, Gérard Deltell.

Une autre étude démontre à quel point les Québécois prennent leur retraite de façon hâtive. En fait, près de 45 % des nouveaux retraités du Québec, en 2008 et 2009, avaient moins de 60 ans.

Cette donnée ressort d'une étude qui vient d'être publiée par la Direction des statistiques du travail et de la rémunération de l'Institut de la statistique du Québec.

L'étude s'est penchée plus spécifiquement sur le comportement des Québécois face à la retraite, en 2008 et en 2009, comparativement au comportement des Ontariens et des citoyens des provinces de l'Ouest (Manitoba, Saskatchewan, Alberta et Colombie-Britannique).

Ainsi, durant la période étudiée, 45 % des nouveaux retraités au Québec étaient âgés de moins de 60 ans au moment de leur départ à la retraite, par rapport à 33 % en Ontario et 28 % dans l'Ouest canadien.

Différents facteurs favorisent un départ hâtif à la retraite, notamment le fait de travailler à plein temps, d'avoir beaucoup d'ancienneté dans son emploi et de travailler dans le secteur public, où le régime de retraite comporte de meilleures caractéristiques, explique-t-on dans l'étude.

L'auteur avance aussi un autre facteur qui influe sur l'âge du départ à la retraite : le fait d'avoir fait des études postsecondaires, ce qui accroît en général le revenu et permet de cotiser à un régime de retraite.

La Presse canadienne

Un rapport incisif

Intitulé « Le point sur les pensions », le rapport présenté par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) constate que plus de 60 % des travailleurs ne pourront maintenir leur niveau de vie une fois à la retraite.

Le rapport souligne que les régimes publics du Canada et du Québec ne sont pas en mesure d'assurer le maintien du niveau de vie des retraités, à l'exception des plus pauvres. Quant aux régimes d'employeur, l'analyse révèle qu'ils ont graduellement diminué en nombre et en efficacité au cours des 20 dernières années.

Pour corriger la situation, le rapport recommande de contraindre les citoyens à épargner en prévision de leur retraite par le biais d'un régime obligatoire de type REER.

Ainsi, les travailleurs ayant atteint l'âge de 35 ans et qui ne participent pas à un régime d'employeur seraient tenus de cotiser à hauteur de 5 % de leur revenu de travail. Les cotisations seraient déductibles des impôts sur le revenu.

Avec les informations de La Presse canadienne

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