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Le gouvernement Hariri s'effondre

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Liban est de nouveau plongé dans une crise politique, après que 11 ministres, issus principalement du Hezbollah, eurent remis leur démission, entraînant du coup la chute du gouvernement du premier ministre Saad Hariri.

Les démissions en série sont attribuables au désaccord persistant au sujet de l'enquête du tribunal spécial de l'ONU sur l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005.

Saad Hariri (à gauche) et le président Barack ObamaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre Saad Hariri rencontrait le président Barack Obama à la Maison-Blanche au moment où les ministres du Hezbollah annonçaient leur démission.

Photo : AFP / Jim WATSON

La démission du ministre d'État Adnan Sayyed Hussein, annoncée quelques minutes après celles de 10 ministres du Hezbollah, du mouvement chiite Amal et de Courant patriotique libre (chrétien), a consacré la chute du gouvernement Hariri, en place depuis 14 mois.

La Constitution libanaise exige que le gouvernement démissionne si plus du tiers des ministres démissionnent. Le Hezbollah et ses alliés ont d'ores et déjà demandé au président Michel Sleimane de former un nouveau gouvernement.

Les démissions en série ont été annoncées au moment où le premier ministre Saad Hariri, fils de Rafic, était reçu à la Maison-Blanche par le président américain Barack Obama.

M. Hariri ne devait revenir au Liban que vendredi, mais un responsable libanais a déclaré à l'agence Reuters qu'il avait décidé de rentrer immédiatement au pays, où il devrait rencontrer le président Sleimane dès son arrivée. Le bureau du premier ministre a toutefois dit par la suite qu'il s'envolait plutôt vers Paris, où il doit rencontrer jeudi le président français Nicolas Sarkozy.

Le Hezbollah, qui est à la fois un parti politique chiite et une puissante milice armée, exige que le premier ministre Hariri désavoue le travail du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), mais ce dernier refuse d'agir de la sorte.

Le Hezbollah s'attend à ce que le TSL, qu'il accuse d'être à la solde d'Israël et des États-Unis, porte bientôt des accusations contre certains de ses membres.

La démission des 11 ministres se produit après qu'une tentative de médiation menée par la Syrie, proche du Hezbollah, et l'Arabie saoudite, proche du premier ministre Hariri, s'est soldée par un échec mardi.

Plus tôt mercredi, le Hezbollah avait lancé un ultimatum au premier ministre Hariri en le sommant de convoquer une réunion urgente du Cabinet, afin qu'il prenne une décision au sujet du TSL.

« Si le Conseil des ministres ne se réunit pas, cela veut dire qu'il n'y a pas de gouvernement, et les 11 ministres vont présenter leur démission aujourd'hui [mercredi] », a déclaré à l'AFP le ministre de la Santé Mohammad Jawad Khalifé, issu du mouvement chiite Amal.

Un État paralysé

« Tous leurs scénarios visaient à faire plier M. Hariri pour qu'il désavoue le tribunal et quand ces scénarios ont échoué, ils ont déclaré une guerre politique contre lui aujourd'hui », a déclaré à l'AFP le ministre de l'Environnement, Mohammad Rahhal, proche du premier ministre Hariri.

Le texte fondateur du TSL a été déposé sur la tombe de Rafic Hariri le 7 septembre dernier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le texte fondateur du TSL a été déposé sur la tombe de Rafic Hariri le 7 septembre dernier.

Photo : AFP / Joseph Eid

« Le but de cette démission est de paralyser l'État en vue de détruire le tribunal international [...]. Ils croient qu'en mettant davantage de pression, ils réussiront à le faire plier, mais ces tentatives n'aboutiront pas », a-t-il ajouté.

Depuis le début de sa tournée américaine, vendredi dernier, M. Hariri a déjà rencontré la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, le président français Nicolas Sarkozy, ainsi que le roi saoudien Abdallah, qui est en convalescence aux États-Unis.

L'ultimatum du Hezbollah n'a pas tardé à entraîner des répercussions économiques. À l'ouverture de la bourse de Beyrouth, les actions de la compagnie Solidere (Société libanaise pour le développement et la reconstruction), la plus importante du pays, ont chuté de 7 %.

Minorité de blocage

Le gouvernement libanais s'est déjà effondré dans le passé sur la question du TSL. En novembre 2006, six membres de la coalition emmenée par le Hezbollah avaient démissionné du gouvernement, entraînant sa paralysie.

L'affaire s'était soldée au printemps 2008 par des affrontements violents entre partisans de M. Hariri et du Hezbollah dans les rues de Beyrouth, ravivant du coup le souvenir de la guerre civile qui a déchiré le pays de 1975 à 1990.

Le bras de fer a été résolu après qu'une médiation du Qatar eut abouti à la nomination d'un nouveau gouvernement mené par Michel Sleimane, et à la création d'une nouvelle répartition des sièges au Conseil des ministres.

Le Hezbollah avait alors obtenu la minorité de blocage qu'il réclamait au nom de la communauté chiite du pays, minorité de blocage qui est brandie aujourd'hui à la face du gouvernement Hariri.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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