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Les émeutes atteignent la banlieue de Tunis

Une manifestante à Regueb

Une manifestante à Regueb

Photo : AFP / AFP/STR

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Tunisie compte ses morts, pendant que les troubles sociaux qui secouent le pays depuis plus de trois semaines se poursuivent.

Le faubourg ouvrier d'Ettadamen, en banlieue de Tunis, s'est à son tour embrasé, mardi, lorsqu'il a été le théâtre d'affrontements entre citoyens et forces de l'ordre.

Armés de matraques, des policiers se sont lancés à la poursuite de groupes de manifestants qui ont saccagé des magasins et incendié une banque. C'est la première fois que des violences significatives sont signalées dans la capitale tunisienne depuis le début des émeutes.

Les manifestations populaires, causées par un taux de chômage et un coût de la vie élevés, se sont transformées en émeutes sanglantes au cours des derniers jours.

Les sources gouvernementales font état de 21 morts depuis le début des troubles, alors que les sources syndicales et celles de l'opposition parlent plutôt de 44 morts. Selon les autorités tunisiennes, les affrontements de lundi ont fait 4 morts dans la population civile dans la ville de Kasserine, dans le centre-ouest du pays. Le décompte d'une source syndicale fait plutôt état de 19 morts lors de ces affrontements parmi les plus violents survenus dans le pays.

Un manifestant tué lors des affrontements avec la police à Thala, le 9 janvier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un manifestant tué lors d'affrontements avec la police à Thala, le 9 janvier.

Photo : AFP / AFP/STR

Artistes et journalistes se joignent au mouvement

Une manifestation d'artistes, venus mettre l'épaule à la roue du mouvement social tunisien, a été « brutalement réprimée », mardi, devant le théâtre de Tunis, selon plusieurs manifestants. Une centaine de journalistes ont également fait entendre leur voix au cours d'un sit-in dans les bureaux de leur syndicat situé à Tunis.

« Nous avons été empêchés par la police de sortir dans une manifestation pacifique pour apporter notre soutien à nos compatriotes en proie à la répression », a déclaré le président déchu du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Néji Bghouri. Ce dernier a été évincé de l'organisation en 2009, lors de l'arrivée de proches du pouvoir.

Confinés dans les bureaux de leur syndicat, les journalistes ont réclamé le respect de la liberté de la presse et une « enquête indépendante pour déterminer les responsabilités des violences qui ont causé un grand nombre de morts dans le pays, et la libération des personnes arrêtées ».

Un chômeur de 23 ans s'est également enlevé la vie, mardi, en escaladant un pylône électrique dans le village d'El Omrane dans la région de Sidi Bouzid, dans le centre-ouest du pays. Ala Hidouri est mort en touchant les câbles électriques, devenant le cinquième suicidé de la crise tunisienne.

Réaction mitigée en France

Le gouvernement français a refusé de jeter la pierre à la Tunisie, mardi, malgré les appels de l'opposition qui réclame une condamnation de la répression des émeutes. « Notre premier message doit être celui de l'amitié entre le peuple de France et le peuple de ces pays », a déclaré la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, en évoquant à la fois les troubles qui secouent la Tunisie et l'Algérie.

Et sans nous ériger (...) en donneurs de leçons face à des situations dont nous mesurons bien la complexité, nous invitons les pays à mieux prendre en compte les attentes de leur population.

Une citation de :Michèle Alliot-Marie

Mme Alliot-Marie a même proposé à la Tunisie l'aide de la France afin de rétablir l'ordre dans le pays. « Aujourd'hui, la priorité face à cette situation doit aller à l'apaisement après des affrontements qui ont fait des morts. Un apaisement qui peut reposer sur des techniques de maintien de l'ordre, (...) puisque nous avons des savoir-faire en la matière. »

Le député socialiste Gaëtan Gorce et plusieurs autres membres de l'opposition ont toutefois déploré la position du gouvernement. Ils exhortent le gouvernement à se montrer plus ferme face au régime de Zine el-Abidine Ben Ali.

« Il faut (...) que ce gouvernement se ressaisisse et s'exprime de manière forte, à la fois pour condamner les violences et pour apporter sa contribution à un processus de réforme indispensable, a déclaré M. Gorce. Sinon, cela voudrait dire que vous restez enfermés dans une alternative fausse qui consisterait à dire qu'il n'y aurait pas d'alternative entre l'islamisme et des régimes autoritaires souvent corrompus. »

Avec les informations de Agence France-Presse

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