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La requête des citoyens de Shannon est entendue

Deux citoyens de Shannon et leur avocat au palais de justice de Québec

Deux citoyens de Shannon et leur avocat au palais de justice de Québec

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après 10 ans d'attente, le procès en recours collectif des citoyens de Shannon contre le gouvernement fédéral pour la contamination de l'eau au trichloréthylène (TCE) s'est ouvert lundi au palais de justice de Québec.

Les avocats des deux parties ont présenté leurs arguments devant le juge Bernard Godbout.

Les citoyens de Shannon estiment le gouvernement fédéral responsable de la contamination de leur eau potable au TCE. Ce produit hautement toxique a été utilisé pendant des années sur la base militaire de Valcartier et aurait contaminé des dizaines de puits à Shannon. Les citoyens croient que le gouvernement fédéral a été négligent dans ce dossier et qu'il connaissait les risques de contamination au TCE depuis les années 50.

Trois requérants agissent au nom des 3500 personnes inscrites au recours collectif. Les requérants soutiennent que la contamination est responsable des quelque 500 cas de cancer recensés.

Le Dr Claude Juneau du Regroupement des citoyens de ShannonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Dr Claude Juneau du Regroupement des citoyens de Shannon

Le Dr Claude Juneau est un des premiers à s'être inquiété du nombre de cas de cancer à Shannon. M. Juneau, qui a été médecin de famille durant 37 ans, dit avoir traité bon nombre de patients qui ont notamment souffert de troubles digestifs et de problèmes de peau. Il a aussi répertorié des cas de cancers du cerveau, du rein, du pancréas et du foie.

Me Charles Veilleux, avocat de la poursuite, est convaincu de la solidité de la cause des citoyens de Shannon. « Si on peut apporter l'information que nous détenons au tribunal, je suis convaincu que nous obtiendrons un jugement qui sera favorable à la fin », dit-il.

Le fédéral réfute les allégations des requérants

David Lucas, substitut du procureur général du CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David Lucas, substitut du procureur général du Canada

De son côté, le gouvernement fédéral estime que le recours collectif autorisé en 2007 est sans fondement. Le gouvernement croit qu'il n'y a pas de lien causal entre l'exposition au TCE et les cas de cancer, fait savoir Me David Lucas, substitut du procureur général du Canada. « Nous avons analysé les données, les concentrations d'exposition, les gens, les périodes de résidence, et nous sommes, avec nos experts, venus à la conclusion que nous ne croyons pas qu'il y ait même un des cancers qui soit relié à une exposition au TCE ici », rapporte M. Lucas.

Le fédéral parle d'une contamination de la nappe phréatique dans les années 90. Selon le gouvernement, l'exposition des citoyens de Shannon aux TCE, ainsi que les concentrations de TCE n'étaient pas suffisantes pour avoir un impact sur la santé des habitants.

De plus, le gouvernement fédéral tient les membres inscrits au recours collectif responsables d'avoir créé un climat d'angoisse et panique chez les citoyens de Shannon à l'égard du TCE et de l'avoir entretenu.

Au cours du procès, la défense entend présenter une série d'études et d'expertises afin de prouver sa position.

Une directive qui déçoit

Par ailleurs, les citoyens de Shannon qui veulent suivre leur procès en recours collectif ont reçu une mauvaise nouvelle lundi. Ceux qui font partie de la liste des témoins ne pourront assister aux audiences tant qu'ils n'auront pas comparu. La directive a choqué plusieurs citoyens, car leur témoignage n'est prévu qu'au mois de mai. Le Dr Claude Juneau et le citoyen Jean Bernier, qui ont mené la bataille depuis les tous débuts, seront donc exclus jusqu'à leur témoignage.

Seule l'instigatrice du recours collectif, Marie-Paule Spieser, est autorisée à suivre tous les débats. « Ça empêche tous les gens qui voulaient assister de venir voir le procès. Pourquoi on a commencé par les experts alors? Je trouve ça dommage parce que nous, ce qu'on a vécu, peu importe ce que tous les experts vont dire, je pense que ça ne nous influencerait pas », affirme Mme Spieser.

En tout, plus de 100 témoins et experts seront entendus durant cette cause qui pourrait durer jusqu'à six mois. Les audiences se tiendront à raison de quatre jours par semaine et de trois semaines par mois.

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