•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Soudan du Sud : oui à la sécession

Sara-Emmanuelle Duchesne
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.


Les Soudanais du Sud ont voté à 98,83 % en faveur de la sécession, selon les résultats définitifs officiels de la commission référendaire. Sur les 3 837 406 suffrages exprimés, seulement 44 888, soit 1,17 %, étaient en faveur du maintien de l'unité avec le Nord. L'indépendance a officiellement été proclamée le 9 juillet 2011.

Le président soudanais, Omar El-Béchir, a officiellement reconnu les résultats, soulignant qu'il les acceptait et les saluait. Pour sa part, le président de la région semi-autonome du Soudan du Sud, Salva Kiir, a souligné que le Nord et le Sud devaient « construire des relations fortes ».

FAQ sur le référendum

Le vote s'est déroulé pendant sept jours, à partir du dimanche 9 janvier 2011.

Les Soudanais du Sud devaient décider s'ils souhaitaient se séparer du reste du pays. Après une guerre civile de 20 ans avec le Nord qui a entraîné la mort de 2 millions de personnes, et des conflits armés constants depuis 1956 (indépendance du Soudan), la région bénéficie d'une grande autonomie depuis 2005. Elle a toutefois toujours souhaité son indépendance.

Pour dresser des listes électorales, le gouvernement a lancé un vaste recensement en 2008. Il était cependant difficile de joindre tous les résidents, tant la guerre a déclenché des exodes.

Le Sud a durement critiqué le recensement, dont les résultats ne semblaient pas représenter sa réalité.

Selon le recensement, le Sud abritait 21 % de la population totale du Soudan, faisant chuter sa représentation dans le gouvernement d'union de 34 % à 22 %. Le 34 % avait été établi à partir du recensement de 1986.

Pourquoi le Nord et le Sud ne s'entendent-ils pas?

Comme bien d'anciennes colonies, le Soudan a vu ses frontières dessinées par des puissants qui n'ont pas tenu compte des groupes ethniques en place et des conflits qui pourraient naître.

En dressant un portrait très général, on peut affirmer que le Nord abrite des musulmans sunnites, tandis qu'on retrouve au Sud des chrétiens et des animistes (voir section Les religions et la politique).

Sans compter les ethnies tribales, au nombre de 500. Le Sud et le Nord ont donc des cultures et des religions différentes.

Le gouvernement situé à Khartoum (Nord) a depuis toujours pigé dans les ressources naturelles du Sud sans véritablement s'occuper du sort de la population, qui est demeurée très pauvre.

Le Sud possède pourtant la majorité des zones pétrolifères. Le pétrole du Soudan n'est pas d'une grande qualité, il doit subir plusieurs modifications avant de pouvoir être utilisé.

La carte du Soudan en janvier 2011Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La carte du Soudan en janvier 2011

Photo : Luc Lavigne

Qui a voté?

Les 10 provinces du Soudan du Sud étaient les seules à se prononcer. Près de 4 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes.

Les Soudanais du Sud réfugiés dans la province du Darfour pouvaient également voter.

Le Nord et le Sud ont décidé en janvier 2005 de la tenue de ce référendum, au moment de signer un accord de paix qui mettait fin à la guerre civile.

Au minimum 60 % de la population devait voter, avec une expression de la majorité de 50 % + une voix. Plus de 100 000 personnes originaires du Sud ont tenté de revenir chez elles à quelques jours du référendum pour participer au vote historique.

La région d'Abyei, qui possède les plus grandes sources de pétrole, devait tenir, elle aussi, un référendum pour déterminer son rattachement au Nord ou au Sud. Mais le scrutin n'a finalement pas eu lieu, les deux parties n'arrivant pas à se mettre d'accord pour déterminer qui devrait y prendre part.

Qu'arrivera-t-il après le vote pour la sécession?

Selon les termes de l'accord, la séparation effective est entrée en vigueur le 9 juillet 2011. Mais, les négociations de retrait se poursuivent toujours. Plusieurs questions litigieuses demeurent en suspens, notamment en ce qui a trait à la région disputée d'Abyei (riche en pétrole), la délimitation des frontières, la dette et la monnaie.

Le Sud a connu une certaine autogouvernance depuis l'accord de paix (CAP) de 2005. Les ex-rebelles devenus politiciens du Mouvement pour la libération du Soudan (MPLS) ont ainsi quelques acquis pour gérer un nouveau pays.

Des discussions entre les deux camps se déroulent toujours de façon sporadique sous la médiation de l'Union africaine (UA). Mais, des escarmouches et des accrochages le long de la frontière enveniment les négociations. Le Soudan et le Sud Soudan s'accusent mutuellement d'utiliser des milices rebelles pour mener des attaques du côté adverse de la frontière.

Deux hommes transportent des urnes à al-Lait, au nord de la province du Darfour, où quelque 20 000 Sud-Soudanais qui y vivent auront le droit de vote au référendum.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Deux hommes transportent des boîtes de bulletins de vote à al-Lait, au nord de la province du Darfour, où quelque 20 000 Sud-Soudanais qui y vivent auront le droit de vote au référendum.

Photo : ONU-UNAMID/Olivier Chassot

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !