•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La révolte s'étend en Tunisie

Une manifestation à Tunis, le 27 décembre

Une manifestation à Tunis, le 27 décembre

Photo : AFP / Fethi Belaid

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le mouvement de contestation contre le chômage et le coût de la vie parti de la région de Sidi Bouzid continue de s'étaler en Tunisie, alors que les arrestations s'accroissent.

L'agitation a notamment gagné dans la journée des localités du littoral est, pourtant plus nanti que la région du centre-ouest où tout a commencé.

À Jbeniana et à Tala, les policiers ont procédé à des arrestations musclées de manifestants dès mercredi soir.

Par ailleurs, un troisième suicide a été signalé depuis le début des troubles. C'est un homme de 52 ans, Mohamed Slimane, qui a été retrouvé pendu à Chebba, sur le littoral est. Il était un ouvrier du bâtiment dont les enfants, diplômés de l'université, n'avaient pas d'emploi. Il était malade et aurait été désespéré de recevoir une aide pour se soigner et nourrir sa famille.

À Regueb, près de Sfax, un jeune homme a menacé de s'électrocuter pour dénoncer la corruption et l'inégalité face à l'emploi. Un autre s'est immolé dans la région minière de Metlaoui.

La journée a aussi été marquée par l'arrestation de Hamada Ben Amor, un rappeur critique du régime, et deux blogueurs, au lendemain de cyberattaques de groupes d'internautes s'opposant à la censure et solidaires du mouvement de protestation sociale.

La majorité des collèges et des lycées de Sidi Bouzid étaient en grève jeudi, au lendemain des funérailles de Mohamed Bouazizi, le jeune homme qui s'est immolé par le feu à la mi-décembre, et dont le geste désespéré est à l'origine du mouvement de protestation populaire. Bouazizi est devenu l'emblème du mouvement de révolte des jeunes chômeurs diplômés, des militants syndicalistes et des activistes des droits de l'homme à travers le pays.

La semaine dernière, le gouvernement a débloqué plus de 116 millions d'euros pour l'emploi, et 7,8 millions d'euros pour la création de projets à Sidi Bouzid. Or, les mesures ne semblent pas avoir réussi à appaiser l'opinion publique.

Le mouvement de contestation des trois dernières semaines est considéré comme le plus important en Tunisie depuis que le président Ben Ali a déposé 23 ans plus tôt Habib Bourguiba, le père de l'indépendance tunisienne.

Les avocats en grève

Des milliers d'avocats ont observé une grève, jeudi, pour s'opposer à

Un avocat et activiste des droits humains, M. Trifi, et des collègues avocats, en grève par solidarité avec mouvement de contestation à Sidi Bouzid.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un avocat et activiste des droits humains, M. Trifi (à gauche), et des collègues avocats, en grève par solidarité avec mouvement de contestation à Sidi Bouzid.

Photo : AFP / Fethi Belaid

la répression.

Le barreau dénonce « un usage sans précédent » de la force et affirme « le droit des habitants de Sidi Bouzid et d'autres régions démunies à l'emploi [et] à la dignité ».

Les avocats dénoncent également l'usage de la force contre leurs collègues. Selon le bâtonnier de l'ordre des avocats tunisiens, Me Abderrazek Kilani, des avocats ont été battus par des policiers lors de manifestations organisées la semaine dernière à Tunis et dans les villes de Monastir et Grombalia.

« La grève porte le message clair que nous n'acceptons pas les attaques injustifiées contre les avocats. Nous voulons protester fermement contre le passage à tabac d'avocats au cours des derniers jours. »

— Une citation de  Me Abderrazek Kilani, bâtonnier de l'ordre des avocats tunisiens

Le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique, a qualifié la grève de geste « politique » contre le régime.

Manifestations à Montréal et à Québec

Une soixantaine de manifestants tunisiens se sont rassemblés jeudi soir devant le consulat de Tunisie à Montréal, rue University, tandis qu'une quarantaine d'autres faisaient de même devant le bâtiment de Radio-Canada à Québec, pour exprimer leur solidarité à l'égard de leurs compatriotes.

Sous la bannière du Collectif de solidarité pour la justice sociale en Tunisie, les manifestants, dont plusieurs étudiants, réclamaient également le départ du président Zine El Abidine Ben Ali. Ils ont brandi des banderoles, des drapeaux, tout en scandant des slogans comme « Du travail et du pain pour tous les Tunisiens » et « Liberté d'expression, arrêtez la répression ».

L'avocat Abderrahman Ayedi montre des marques de tortures sur son torse à des activistes des droits humains, le 29 décembre, à Tunis.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'avocat Abderrahman Ayedi montre des marques de tortures sur son torse à des activistes des droits humains, le 29 décembre, à Tunis.

Photo : AFP / Fethi Belaid

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...