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Gbagbo ordonne l'expulsion des ambassadeurs canadien et britannique

Laurent Gbagbo lors d'une conférence de presse, le 9 novembre 2010

Laurent Gbagbo lors d'une conférence de presse, le 9 novembre 2010

Photo : AFP / Sia Kambou

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président sortant de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, a ordonné l'expulsion de l'ambassadrice canadienne en poste à Abidjan, Marie-Isabelle Massip, et de son homologue britannique, Nicholas James Westcott.

Ottawa et Londres refusent toutefois de reconnaître toute requête en provenance du gouvernement Gbagbo. Comme le reste de la communauté internationale, les deux pays estiment qu'Alassane Ouattara, l'adversaire de Laurent Gbagbo lors de l'élection présidentielle, est le vainqueur légitime du scrutin.

Le gouvernement de Laurent Gbagbo a affirmé jeudi agir « en application du principe de réciprocité » à la suite du renvoi en décembre par le Canada et la Grande-Bretagne des ambassadeurs ivoiriens dans ces deux pays.

Ottawa et Londres avaient alors fait valoir qu'ils n'accepteraient que des diplomates nommés par Alassane Ouattara.

M. Ouattara a d'ailleurs envoyé des lettres à plus de 20 pays pour leur demander de ne pas reconnaître les diplomates accrédités par Laurent Gbagbo.

L'ambassade canadienne à Abidjan représente aussi les intérêts du Canada au Bénin, au Niger, au Libéria et en Sierra Leone.

Gel des avoirs de Gbagbo par les États-Unis

Les États-Unis ont également annoncé qu'ils gelaient les avoirs de Laurent Gbagbo, de sa femme Simone et de trois de ses proches dans le pays. Il s'agit d'un nouveau moyen de pression visant à le forcer à partir.

Ouattara accuse Gbagbo

Alassane Ouattara (à l'avant-plan, avec la cravate rouge), entouré de sa garde rapprochée, sur le terrain de l'Hôtel du Golf, à Abidjan.
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Alassane Ouattara (à l'avant-plan, avec la cravate rouge), entouré de sa garde rapprochée, sur le terrain de l'Hôtel du Golf, à Abidjan.

Photo : La Presse canadienne / AP/Rebecca Blackwell

D'autre part, Alassane Ouattara a affirmé jeudi avoir des preuves que le président sortant Laurent Gbagbo avait du sang sur les mains et demande à l'ONU d'envoyer des enquêteurs de la Cour pénale internationale (CPI) dans le pays.

Ces déclarations sont faites au moment où la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire affirme que les violences qui ont secoué le pays depuis la présidentielle contestée du 28 novembre ont fait 210 morts, soit 31 de plus que lors du précédent bilan, la semaine dernière.

« Il a du sang sur les mains, Laurent Gbagbo. Les mercenaires et les miliciens étrangers qu'il a fait venir, tuent tous les soirs des dizaines d'Ivoiriens. Plus de 200 personnes ont déjà été assassinées », a affirmé M. Ouattara dans une entrevue accordée à Radio France Internationale.

« Nous avons des preuves. L'ONU et l'organisation des droits de l'homme ont relevé des massacres, des assassinats », a-t-il ajouté sur les ondes d'Europe 1. M. Ouattara avance également que les violences postélectorales ont fait plus de 1000 blessés. Il fait aussi état de viols.

Dans un communiqué diffusé mercredi, l'ONUCI a fait état de « raids des éléments armés envoyés par le camp du président Gbagbo au siège du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti d'Ouattara) dans la matinée du 4 janvier 2011, entraînant de nombreuses arrestations arbitraires et des victimes. »

« J'ai déjà écrit au secrétaire général des Nations unies pour demander que la Cour pénale internationale envoie en Côte d'Ivoire une mission d'investigation et [on] me dit que cela se fera dans les prochains jours », a ajouté M. Ouattara à Europe 1.

Le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a réagi quelques heures plus tard en affirmant qu'il « enverra une mission en Côte d'Ivoire au moment opportun, à l'invitation ou avec l'autorisation des autorités ivoiriennes ». Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a déjà dit qu'il engagerait des poursuites contre quiconque serait responsable de violences meurtrières dans le pays.

Des rapports en provenance de Côte d'Ivoire font notamment état de deux charniers, mais l'ONUCI affirme que des miliciens pro-Gbagbo l'empêchent de s'y rendre. « Ceux qui bloquent nos enquêtes doivent enlever ces barrières », affirme le chef de la division des droits de l'homme de l'ONUCI, Simon Munzu.

Alassane Ouattara accorde ces entrevues aux médias français depuis l'Hôtel du Golf, à Abidjan, où il demeure retranché avec sa garde rapprochée. L'établissement est protégé par les ex-rebelles des Forces nouvelles (FN) et par 800 Casques bleus, mais demeure soumis à un blocus des Forces de défense et de sécurité (FDS), fidèles à M. Gbagbo.

Gbagbo cherche à gagner du temps, affirme Ouattara

Malgré les tentatives de médiation de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'impasse perdure en Côte d'Ivoire. Alassane Ouattara exige que Laurent Gbagbo quitte le pouvoir, mais ce dernier soutient qu'a il a été dûment élu.

Sur les ondes de RFI, M. Ouattara s'est moqué de l'une des dernières demandes du président Gbagbo, soit celle de mettre sur pied un comité de validation des résultats électoraux. Ce stratagème « absurde », affirme M. Ouattara, n'a qu'un objectif : gagner du temps.

« Ce comptage et recomptage a déjà eu lieu, affirme M. Ouattara. Je détiens les 21 000 procès-verbaux des bureaux de vote. Laurent Gbagbo les a reçus. Et c'est sur ces procès-verbaux que la Commission électorale indépendante a travaillé, que le Conseil constitutionnel a travaillé, ainsi que les représentants de la CEDEAO et des Nations unies. Les chiffres sont identiques. Je suis vainqueur à 54,1 %. »

« Alors, à quoi servirait de recompter quelque chose qui a été compté par tant de sources? Laurent Gbagbo demande ce décompte, tout simplement pour gagner du temps et pour importer des armes, faire venir des mercenaires et des miliciens. Je tiendrai et on le fera partir [...] Laurent Gbagbo partira et je suis confiant qu'il partira dès ce mois de janvier », ajoute-t-il.

Alassane Ouattara maintient qu'il reste déterminé à trouver une solution diplomatique à la crise. Il affirme être prêt à rencontrer Laurent Gbagbo, à condition que ce dernier le reconnaisse comme président légitime du pays « Mais pas avant, bien entendu! Il est en train d'usurper un pouvoir et je ne peux pas rencontrer un hors-la-loi », dit-il.

Alassane Ouattara réitère que la CEDEAO doit envisager une intervention militaire. Une telle décision, a-t-il estimé mercredi, ne devrait pas entraîner de guerre civile.

« L'option d'une intervention militaire c'est pour venir chercher Laurent Gbagbo! Ce n'est ni attaquer la Côte d'Ivoire ni les Ivoiriens. Et des opérations de ce genre ont déjà eu lieu en Afrique, comme en Amérique latine. Ce n'est pas très compliqué. Si les chefs d'état-major de la CEDEAO décident de le faire, ils ont les moyens de le faire et de le soustraire, tout simplement, de son palais. »

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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