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Le gouverneur Taseer enterré dans la controverse

Le cercueil de Salman Taseer est porté en terre.

Le cercueil de Salman Taseer est porté en terre.

Photo : La Presse canadienne / AP/Ahmad Sheraz

Radio-Canada

À Lahore, des milliers de Pakistanais, dont le premier ministre, Youssouf Raza Gilani, ont fait fi des menaces de mort proférées par des extrémistes religieux et ont assisté mercredi aux funérailles du gouverneur de la province de Pendjab, Salman Taseer.

Le politicien de 66 ans est mort après avoir été criblé de 29 balles mardi par un de ses gardes du corps, Malik Mumtaz Hussein Qadri, dans la capitale pakistanaise, Islamabad.

Selon le gouvernement pakistanais, le meurtrier s'est immédiatement rendu et a avoué avoir tué le gouverneur en raison de son opposition à la Loi sur le blasphème.

La loi, en vigueur depuis longtemps déjà, prévoit que quiconque médit de l'Islam ou du prophète Mahomet est passible de la peine de mort.

Salman Taseer était un opposant avoué à cette loi. Récemment il avait publiquement soutenu une mère de famille chrétienne, Asia Bibi, qui avait été accusée en vertu de cette loi.

Plusieurs membres du Parti du peuple pakistanais (PPP), le parti du président, Asif Ali Zardari, ont assisté aux prières funéraires, qui ont eu lieu mercredi matin au siège du gouvernement du Pendjab, une province de plus de 90 millions d'habitants.

Plus tôt dans la journée, pas moins de 500 membres du mouvement islamiste Jamaat-e-Ahl-e-Sunnat avaient déclaré que quiconque exprimerait du chagrin ou de la sympathie pour le gouverneur Taseer pourrait subir le même sort.

« Ceux qui soutiennent les blasphèmes envers le prophète se complaisent eux-mêmes dans le blasphème », ont affirmé ces membres, qui se qualifient eux-mêmes « d'érudits », dans un communiqué.

Le mouvement islamiste Jamaat-e-Ahl-e-Sunnat rassemble les membres de la secte Barelvi, d'obédience sunnite. Bien qu'il soutienne la Loi sur le blasphème, le mouvement est réputé critique envers les talibans pakistanais, actifs dans le nord du pays.

L'un des principaux partis religieux du pays, le Jamaat-e-Islami, affirme aussi que le meurtre du gouverneur Taseer était justifié. « Si le gouvernement l'avait démis du poste de gouverneur, il n'aurait pas été nécessaire que quelqu'un l'abatte », a-t-il expliqué dans un communiqué.

De nombreux Pakistanais se demandent aujourd'hui si Malik Mumtaz Hussein Qadri a agi seul ou s'il avait des complices. Le fait qu'il ait pu tirer 29 balles sans qu'aucun autre garde du gouverneur n'ouvre le feu ne manque pas de soulever des questions.

Le choc de l'assassinat se produit au moment où le gouvernement du premier ministre, Youssouf Raza Gilani, est en péril. La défection d'un parti de la coalition gouvernementale le place maintenant en situation minoritaire. Il pourrait donc tomber à tout moment.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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