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Des manifestants affrontent encore la police en Tunisie

Des membres des forces de sécurité lors d'une manifestation à Tunis, le 27 décembre.

Des membres des forces de sécurité lors d'une manifestation à Tunis, le 27 décembre.

Photo : AFP / Fethi Belaid

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les affrontements se poursuivent en Tunisie entre les corps policiers et des manifestants qui dénoncent le chômage et le coût de la vie dans le pays.

Les manifestations qui agitent la Tunisie depuis plus de deux semaines ont commencé le 17 décembre, lorsque Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur itinérant, s'est immolé par le feu pour protester contre la saisie par la police des fruits et légumes qu'il vendait sans permis.

Le jeune homme de 26 ans, qui est toujours hospitalisé, possède un diplôme universitaire, mais n'a pas de travail stable. Il vendait des produits dans la rue pour gagner un peu d'argent.

La plus récente manifestation a éclaté à Thala, une petite ville située à 250 kilomètres au sud-ouest de la capitale. Des centaines d'élèves du secondaire et d'autres civils ont lancé une marche de soutien aux manifestants de la région de Sidi Bouzid, où trois personnes ont perdu la vie dans des affrontements. La marche a pris une tournure violente lorsque les policiers ont tenté de contenir les manifestants en lançant des gaz lacrymogènes.

Un représentant syndical sur place a déclaré que les manifestants avaient ensuite mis le feu à des pneus et au bureau local du parti au pouvoir.

Trois morts

Trois Tunisiens sont morts depuis le début des affrontements. Un adolescent a été abattu par la police le 24 décembre. Un homme de 44 ans a été atteint par les tirs policiers le même jour et est mort des suites de ses blessures, jeudi dernier.

Un autre jeune homme s'était lui-même enlevé la vie au cours d'une manifestation, le 22 décembre, après avoir crié qu'il n'en pouvait plus d'être sans emploi.

Droits, libertés... et indifférence?

Les manifestations sont rares en Tunisie. Le gouvernement tolère peu la dissension. Reporters sans frontières a d'ailleurs rétrogradé ce pays dans son classement de l'Index de liberté de la presse en 2010, le faisant tomber de la 154e à la 164e place.

En entrevue au réseau Al-Jazira, la secrétaire générale de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, Khadija Cherif, a dénoncé l'indifférence des pays occidentaux quant à la situation en Tunisie, comparant le silence des gouvernements étrangers aux nombreuses voix s'étant élevées lors des manifestations populaires en Iran, en 2009. « Cela discrédite l'Europe et les pays occidentaux » considère Mme Cherif.

Nous voyons clairement que c'est l'intérêt personnel qui prime, et non pas les valeurs comme la démocratie et la liberté.

Une citation de :Khadija Cherif, secrétaire générale de la Ligue tunisienne des droits de l'homme

Le président Zine El Abidine Ben Ali a réagi aux soulèvements en annonçant la mise sur pied d'un plan de 4,5 milliards de dollars américains pour créer des emplois destinés aux diplômés universitaires.

L'opposition juge toutefois que la réponse du gouvernement est inadéquate et estime que les manifestations sont alimentées non seulement par le chômage, mais aussi par le manque de libertés individuelles dans le pays.

Mardi dernier, le président tunisien a dit regretter les émeutes, ajoutant que ces manifestations violentes étaient inacceptables et nuisaient à l'emploi et au tourisme.

Il a également dénoncé « l'ampleur exagérée qu'ont pris ces événements à cause de leur instrumentalisation politique par certaines parties, qui ne veulent pas le bien de leur patrie et recourent à certaines chaînes de télévision étrangères qui diffusent des allégations mensongères sans vérification et se fondent sur la dramatisation [...] et la diffamation médiatique hostile à la Tunisie ».

Le taux de chômage en Tunisie oscille autour de 14 %, mais serait beaucoup plus important dans les régions rurales, selon l'Associated Press.

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