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Le gouverneur du Pendjab assassiné

Les policiers sécurisent le périmètre où s'est produit l'assassinat de Salmaan Taseer.

Photo : AFP / Aamir Qureshi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouverneur de la province pakistanaise du Pendjab, Salmaan Taseer, a été assassiné mardi près de son domicile, à Islamabad.

L'attaque s'est déroulée en public, près du marché très fréquenté de Koshar. Le décès de M. Taseer a été constaté peu après son arrivée à l'hôpital.

Selon la police et le gouvernement pakistanais, ce serait l'un des gardes du corps de M. Taseer qui l'aurait assassiné. Le gouverneur Taseer était considéré comme une voix modérée au sein du Parti du peuple pakistanais (PPP) du président Asif Ali Zardari et de son premier ministre, Yousuf Raza Gilani.

Salmaan Taseer (archives)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le gouverneur de la province du Penjab, Salmaan Taseer, a été assassiné à quelques pas de sa résidence mardi matin.

Photo : AFP / Farooq Naeem

Le premier ministre pakistanais, Yousuf Raza Gilani, a décrété mardi trois jours de deuil national pour la mort tragique de ce membre éminent du gouvernement pakistanais.

Selon le ministre de l'Intérieur, Rehman Malik, le garde du corps s'est rendu à la police après son crime.

Il a expliqué qu'il avait tué M. Taseer, car celui-ci s'opposait à la Loi sur le blasphème défendue par de nombreuses organisations islamistes du pays.

Cette loi controversée prévoit la peine de mort pour tous ceux qui blasphèment contre l'islam ou son prophète.

Le garde du corps de Salaam Taseer s'est rendu à la police sans offrir de résistance.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le garde du corps de Salaam Taseer s'est rendu à la police sans offrir de résistance.

Photo : AFP / Sabir Khan

Il a avoué avoir lui-même tué le gouverneur, car il avait dénoncé la Loi sur le blasphème. Il a confessé son crime et donné son arme à la police après l'attaque.

Une citation de :Rehman Malik, ministre de l'Intérieur

Le dépôt d'un projet de loi privé réclamant l'abolition de la peine de mort pour les coupables de blasphème a donné lieu vendredi dernier à des manifestations de masse et à des grèves générales dans le pays pour le maintien de cette loi dans son intégralité.

La Loi sur le blasphème alimente une importante controverse dans le pays depuis la condamnation à la pendaison, en novembre, d'une mère de famille chrétienne accusée de blasphème contre l'islam.

À la lumière de ce cas, de nombreux pays et organisations internationales ainsi que des personnalités politiques et des associations pakistanaises ont demandé au président Asif Ali Zardari de la gracier, et de modifier la loi. Celui-ci s'abstient de le faire pour éviter de provoquer la frange islamiste du pays.

Selon les détracteurs de la Loi sur le blasphème, ce texte ne sert pas à faire respecter l'islam, mais plutôt à persécuter les minorités religieuses du pays, à alimenter l'extrémisme et à régler des comptes personnels.

Des réactions internationales

La mort de Salman Taseer a été qualifiée de « grande perte » par le département d'État américain. Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné l'assassinat de ce dirigeant « de premier plan ».

Même son de cloche du côté de la diplomatie européenne où Catherine Ashton a condamné « fermement » cet assassinat. Dans un communiqué, elle a demandé aux autorités pakistanaises de traduire rapidement les auteurs de ce crime devant la justice.

Au Royaume-Uni, le secrétaire au Foreign Office, William Hague, s'est dit « choqué » par l'assassinat du gouverneur du Pendjab, tandis que le ministère français des Affaires étrangères l'a également condamné. Les Français déplorent la mort d'une personnalité « connue pour son courage dans la défense des institutions démocratiques de son pays ».

Le gouvernement Gilani perd sa majorité

L'assassinat de Salmaan Taseer survient par ailleurs à peine 48 heures après que le gouvernement minoritaire du PPP eut perdu dimanche sa majorité à l'Assemblée législative du pays. Le PPP se maintenait au pouvoir depuis trois ans grâce à cette coalition. Le gouvernement Gilani pourrait désormais être renversé si les partis d'opposition s'unissent pour déposer une motion de censure à son endroit.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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