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Activité physique : Ottawa veut changer les lignes directrices

exercice gym
Radio-Canada

Le gouvernement fédéral change de tactique pour inciter les Canadiens à faire davantage d'exercice. Selon le réseau anglais de Radio-Canada, les lignes directrices indiquant le minimum nécessaire d'activité physique seront modifiées dans les prochaines semaines.

Pour les enfants, la norme passera de 90 à 60 minutes par jour. Pour les adultes, la recommandation sera de deux heures par semaine plutôt que d'une heure par jour.

Un sondage réalisé pour la CBC révèle que le Canada est une nation d'inactifs. Quarante-deux pour cent des adultes affirment ne faire aucun exercice. Le tiers des jeunes sont actifs durant moins de deux heures par semaine.

Ces résultats vont de pair avec d'autres études. En 2010, « Jeunes en forme Canada » rapportait qu'à peine plus de 10 % des enfants et des jeunes Canadiens atteignaient les directives actuelles d'activité physique, c'est-à-dire faire de l'exercice durant 90 minutes chaque jour. Les Canadiens sont plus enveloppés, plus pesants et moins souples qu'il y a 30 ans.

« C'est une crise de santé publique », déplore Mark Tremblay, du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario. « Et c'est probablement bien pire que ne le laissent voir les statistiques, parce ce que bien des études démontrent que les gens surestiment de manière importante la quantité d'activité physique qu'ils font. Dans les sondages, les gens "confessent" ne pas faire d'activité. Une grande proportion de ceux qui rapportent faire de l'exercice ne le font pas autant qu'ils le prétendent. C'est vraiment une crise ».

Jeunes qui font de l'exerciceAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jeunes qui font de l'exercice

Les spécialistes comme Mark Tremblay montrent du doigt les technologies modernes qui permettent de réduire les efforts physiques et rendent la vie plus facile : les voitures, les jeux vidéos, les repas-minute. « Nous restons de plus en plus dans nos maisons, devant nos écrans, sans bouger. C'est un échec retentissant. Collectivement, nous sommes pires que la plupart des autres pays occidentaux ».

Réduire les périodes recommandées d'exercices peut sembler contre-intuitif, mais le fédéral agit ainsi dans l'espoir de rendre les cibles plus réalistes, plus atteignables. « Le mieux, c'est de faire plus d'exercice », explique Mark Tremblay. « Si vous n'en faites pas, en faire un peu vous aidera. Si vous en faites un peu, en faire davantage sera mieux. C'est un message d'intérêt public très difficile à diffuser. Combien de temps devriez-vous être actif ? Plus que vous ne l'êtes présentement ».

Les conséquences de l'inactivité se mesurent à long terme. Si les muscles, les tissus et les veines ne sont pas sollicités, ils se détériorent avec le temps. Le corps cherche ainsi à économiser de l'énergie. L'obésité grandissante chez les enfants inquiète de nombreux spécialistes. Certains affirment que la jeune génération pourrait ne pas vivre aussi longtemps que celle de ses parents.

Le manque de temps demeure l'une des principales raisons citées pour excuser le peu d'activité physique des adultes. Quarante-deux pour cent des répondants au sondage de la CBC affirment ne pas avoir de temps pour courir, nager ou marcher rapidement.

La science peut leur venir en aide. Les techniques d'entraînement par intervalles, développées pour les athlètes d'élite, peuvent en fait être bénéfiques à tous. « Côté temps, c'est une façon très efficace de s'entraîner », souligne Martin Gibala, professeur de kinésiologie à l'université McMaster de Hamilton. « Si vous marchez près de chez vous, ça peut être de marcher très vite entre deux lampadaires, puis de ralentir. Si vous faites des efforts à cinq ou six sur une échelle de dix, allez jusqu'à sept ou bien huit. Sortez de votre zone de confort pour une courte période d'activité, puis ralentissez ».

Les études sur ces méthodes d'entraînement démontrent également des bénéfices pour les gens souffrant de maladies cardiaques et de diabète. Le professeur Gibala affirme que le taux de sucre dans le sang des diabétiques a diminué après deux semaines d'entraînement à intervalles. « Ils sont très excités par ces résultats. Nous avons des patients de 67 ans, ils ne ratent aucune séance d'exercice! »

Un article de Yanik Dumont Baron