•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Découverte d'une forêt momifiée sous la glace

Crédit : Joel Barker

Photo : Joel Barker

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des troncs d'arbres, des feuilles et des cosses de semences dans le Grand Nord canadien? C'est ce que des scientifiques de l'Université de l'Ohio ont découvert avec stupéfaction tout au nord de l'île d'Ellesmere, dans le parc national de Quttinnirpaaq.

Joel Barker, du Centre de recherches polaires Byrd, campait sur l'île durant l'été 2009 pour une autre étude lorsqu'un garde forestier lui a montré des branches qui sortaient de la terre en dégel. Il y est retourné un an plus tard pour collecter des échantillons. Il en a trouvé en si grandes quantités qu'il a dû se rendre à l'évidence : il se trouvait au milieu d'une ancienne forêt, une forêt momifiée.

Les arbres auraient vécu il y a 2 à 8 millions d'années, à l'époque du néogène. La forêt aurait été ensevelie rapidement par des glissements de terrain, la privant ainsi de l'eau et de l'oxygène qui aurait pu la décomposer.

« Les forêts momifiées ne sont pas si rares », affirme le professeur Barker, « mais ce qui rend celle-ci unique, c'est qu'elle se trouve aussi loin au nord. »

Les deux principales essences présentes dans la forêt, l'épinette et le bouleau, ont vécu dans des conditions difficiles, selon les chercheurs. Les plus vieux spécimens avaient environ 75 ans. Leurs anneaux de croissance étaient très serrés et leurs feuilles assez petites.

« Ces arbres ont vécu à une époque particulièrement difficile dans l'Arctique », explique Barker. L'île d'Ellesmere est passée rapidement d'une période tiède à une période de glaciation, ce qui explique la faible croissance des arbres.

Cet aspect intéresse particulièrement les scientifiques, puisqu'il pourrait aider à comprendre les changements climatiques actuels. « Parce que le matériel organique de ces arbres est préservé, nous avons une image en haute résolution de la vitesse à laquelle se sont produits les changements climatiques et comment les plantes y ont réagi », explique le professeur Barker.

Maintenant que les arbres sont de nouveau à l'air libre, après des millions d'années sous la glace, ils ont commencé à se décomposer, libérant du coup d'importantes quantités de carbone.

« Je m'attends à ce que d'autres dépôts soient bientôt exposés à l'air libre si la glace continue à fondre, et toute cette biomasse va finir par redevenir du gaz carbonique », affirme Joel Barker. Des gaz qui, à leur tour, contribueront au réchauffement climatique.

Avec les informations de Université de l'Ohio, et National Geographic News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !