•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tony Proudfoot rend l'âme

proudfoot_honneur

Tony Proudfoot, au centre, et Mark Cohon

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Tony Proudfoot savait que la fin approchait. L'ancien demi défensif des Alouettes est mort mercredi à l'âge de 61 ans.

La nouvelle a été rendue publique vendredi dans un communiqué publié par le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), où il était traité.

Proudfoot laisse dans le deuil son épouse Vicki et leurs enfants Michael, Lindsay et Lauren.

Depuis 2007, Proudfoot se savait atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie dégénérative et incurable mieux connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig. Son espérance de vie était alors de moins de cinq ans.

Proudfoot aura donc lutté pendant quatre ans, mais son combat contre la maladie n'aura pas été vain. Après avoir reçu son diagnostic, sa famille et lui ont mis sur pied la Fondation Tony Proudfoot pour amasser des fonds pour la Société de SLA du Québec et pour aider les patients et leur famille.

En moins de cinq ans, cette fondation a amassé plus d'un demi-million de dollars.

Courage

Proudfoot avait récemment publié une lettre dans le quotidien The Gazette. Un dernier message d'espoir, d'un guerrier qui n'a jamais voulu faire pitié.

La résilience de Proudfoot était connue de tous. La maladie n'y a rien changé.

« Son dicton dans la vie se résumait à : "Absorbe le coup et ne te plains pas", a dit Jim Simons, un ami de longue date qui a joué au football avec Proudfoot à l'Université du Nouveau-Brunswick. Ce n'est pas la maladie qui lui a fait voir les choses comme ça. C'est comme ça qu'il a vécu. »

« Il avait une attitude incroyable, même avec une maladie fatale. Il ne voulait pas s'apitoyer sur son sort. Il en parlait et écrivait sur la maladie ainsi que sa progression », a commenté Vincent Damphousse, porte-parole de la SLA du Québec avec sa femme Allana.

C'est avec une lucidité hors du commun qu'il a affronté la mort, comme le relate Larry Smith, président des Alouettes et ancien coéquipier de Proudfoot.

« Il y a quatre jours, il a envoyé une note à tous ses amis. Il nous a dit qu'il entrait en soins palliatifs et qu'il allait mourir dans trois jours. Jusqu'à la fin, Tony savait dans le détail ce qui allait se passer. »

Alouette pour toujours

Tony Proudfoot dans l'uniforme des Alouettes en 1979Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tony Proudfoot dans l'uniforme des Alouettes en 1979

Photo : La Presse canadienne / Arne Glassbourg

Proudfoot a été récompensé par la Ligue canadienne en novembre, avant la finale de l'Est au stade olympique. Jusqu'à la fin, il est resté un jour des Alouettes.

L'ancien demi défensif a porté les couleurs de l'équipe de 1971 à 1979, avant de devenir entraîneur. À Montréal, il a été nommé deux fois dans l'équipe d'étoiles (1977 et 1979) et remporté la Coupe Grey deux fois (1974 et 1977).

On se souviendra aussi de lui pour son idée audacieuse à la finale de 1977, contre les Eskimos d'Edmonton. Sur un terrain glacé au stade olympique, il avait suggéré à ses coéquipiers de placer des agrafes sous leurs souliers, un pari qui avait rapporté.

« Je me souviens qu'on avait testé le terrain et qu'on pensait que le match allait être très difficile, s'est rappelé Larry Smith. Quinze minutes plus tard, on a entendu un bruit étourdissant. C'était Tony, avec des agrafes sous ses souliers. Il nous a dit qu'avec les agrafes, c'était comme des pneus à traction. Ça nous a donné un gros avantage sur les Eskimos. »

Proudfoot est toujours resté près de l'organisation des Alouettes depuis sa retraite sportive. Encore cette année, malgré la maladie, il conseillait les joueurs.

« Je pense que c'est une des raisons pourquoi notre unité défensive était si forte que ça, parce qu'ils voyaient Tony dans son état et se disaient : "Si lui est capable de continuer, c'est beaucoup plus facile pour nous" », avait déclaré Larry Smith.

À l'extérieur du football

À la radio, il a aussi commenté en anglais les matchs de l'équipe jusqu'à la limite de ses capacités.

Proudfoot a aussi enseigné l'éducation physique pendant plus de 30 ans au Collège Dawson. On a même rebaptisé un gymnase en son nom.

En 2006, il n'avait pas hésité à secourir un étudiant atteint d'une balle lors de la fusillade, une autre démonstration de son courage.

« Un jeune homme était blessé et Tony est allé à son secours, même si le tireur faisait encore rage, a expliqué Larry Smith. Pour faire ça, ça prend un courage énorme. Ça prouve aussi que si une décision ou une action devait être prise, Tony était là pour s'en charger. »

Tony ProudfootAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tony Proudfoot

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !