•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Après les manifestations, remaniement ministériel en Tunisie

Mohamed Bouazizi, l'universitaire et vendeur ambulant qui s'est immolé par le feu (28 décembre 2010).

Le président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali visite Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant qui s'est immolé par le feu (28 décembre 2010).

Photo : AFP / Présidence tunisienne

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président tunisien, Zine El-Abidine Ben Ali, qui dirige le pays depuis 23 ans, a nommé mercredi de nouveaux ministres au sein de son gouvernement.

C'est la deuxième fois cette année que le président tunisien procède à un remaniement de son gouvernement. En janvier dernier, il avait nommé de nouveaux ministres des Finances, de la Défense et des Affaires étrangères.

Ce remaniement partiel, qui ne touche pas les principaux ministères, survient après les violentes manifestations de jeunes chômeurs, la semaine dernière.

Plus tôt mercredi, le Parti démocratique progressiste (l'opposition légale) avait demandé la démission des ministres de l'Intérieur et de la Communication, les jugeant responsables de la dégradation de la situation à la suite des troubles sociaux de Sidi Bouzid.

Samir Laabidi, ministre de la Jeunesse et du Sport, remplacera Oussama Romdhani au ministère des Communications. Abdelhamid Salama prendra sa place.

Kamel Omrane a été nommé ministre des Affaires religieuses, en remplacement de Boubaker El Akhzouri, et Slimane Ourak, ministre du Commerce et de l'Artisanat en remplacement de Ridha Ben Mosbah.

Abdelwaheb Jmal occupera le poste de Secrétaire d'État du ministre des Affaires étrangères chargé des Affaires européennes.

Le président Ben Ali « regrette » les troubles

Le président tunisien a déclaré, mardi, regretter les émeutes qui ont secoué la région de Sidi Bouzid, au centre-ouest du pays. Il a ajouté que ces manifestations violentes étaient inacceptables et nuisaient à l'emploi et au tourisme.

Le président tunisien Zine El-Abidine Ben AliAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali

Photo : AFP / Fethi Belaid

Il a dénoncé « l'ampleur exagérée qu'ont pris ces événements à cause de leur instrumentalisation politique par certaines parties, qui ne veulent pas le bien de leur patrie et recourent à certaines chaînes de télévision étrangères qui diffusent des allégations mensongères sans vérification et se fondent sur la dramatisation [...] et la diffamation médiatique hostile à la Tunisie ».

Dans un discours diffusé par la chaîne nationale TV7, le président Ben Ali a aussi affirmé avoir suivi « avec inquiétude et préoccupation les événements survenus ces derniers jours à Sidi Bouzid [...] Le point de départ de ces événements est un cas social dont nous comprenons les circonstances et les facteurs psychologiques, et dont les conséquences sont regrettables. »

Zine El-Abidine Ben Ali s'est par ailleurs rendu mardi au chevet de Mohamed Bouazizi, le vendeur ambulant qui a tenté de s'enlever la vie en s'immolant par le feu, à Sidi Bouzid, devant la préfecture. Les policiers avaient saisi sa marchandise parce qu'il n'avait pas les autorisations nécessaires.

La Libye accueille les chômeurs tunisiens

Par ailleurs, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a annoncé mardi qu'il ouvrait plus largement les portes de son pays aux chômeurs tunisiens.

« Le chef de la révolution [Kadhafi] a donné ordre mardi au Comité général du peuple [le gouvernement] de prendre des mesures immédiates d'abolition des taxes et des obstacles administratifs et financiers à l'entrée » des Tunisiens en Libye, selon l'agence de presse officielle Jana.

L'agence a ajouté que « la décision concerne l'entrée des Tunisiens pour des raisons de tourisme, de travail ou n'importe quelle autre raison tant qu'ils sont traités de la même façon que les Libyens ».

Des analystes estiment que de tels accords sur les migrations de main-d'oeuvre entre la Tunisie et les pays voisins pourraient contribuer à résoudre la crise.

Une note diplomatique divulguée par WikiLeaks révèle que la famille du président Ben Ali et celle de son épouse, Leïla Trabelsi (qui préside l'Organisation de la femme arabe), ont accaparé les richesses du pays depuis 1987. Les diplomates américains qualifient le système tunisien de « voyoucratie », dont les histoires de corruption familiale peuvent être comparées, selon eux, à une « quasi-mafia ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !