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Eau Secours veut convaincre Mont-Joli de laisser tomber

Eau potable

La coalition québécoise Eau Secours fait pression auprès de la Ville de Mont-Joli afin qu'elle abandonne son projet de recommencer la fluoration de son eau potable. La Ville doit procéder à la mise aux normes de son usine de filtration au printemps prochain et construira par le fait même les infrastructures nécessaires.

Selon Eau Secours, l'ajout de fluor à l'eau a des effets néfastes sur la santé et l'environnement.

« Ça ne sert qu'à soigner la carie dentaire. Et l'efficacité de cette mesure-là, ce n'est pas du tout prouvé. Pire que ça, il n'y a aucune différence entre l'Ontario qui fluorise à 60 % depuis plusieurs années et le Québec qui fluorise à 3 % », indique la présidente de la coalition, Martine Chatelin.

Eau Secours pense que Québec doit absolument interdire la fluoration de l'eau. Cependant, en 2001, le gouvernement a voté une loi visant à inciter les municipalités à ajouter du fluor dans leur eau. Et le maire de Mont-Joli, Jean Bélanger, affirme que ce sont l'Agence de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent et le centre de santé de La Mitis qui recommande ces mesures.

« Ils nous disent tous qu'on devrait réinstaller la fluoration de l'eau, parce qu'ils se rendent compte que la carie dentaire est de plus en plus présente chez nos jeunes depuis qu'il n'y a plus de fluoration à Mont-Joli », affirme M. Bélanger.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux souhaite que d'ici 2012, 50 % de la population québécoise ait accès à de l'eau fluorée.

Seulement 24 des 1113 municipalités du Québec ajoutent du fluor à leur eau potable. Québec et de Laval ont cessé de le faire au cours des dernières années.

Un débat difficile à trancher

Un examen de la boucheLes chances de survie pour les cancers oropharyngés sont de 25% cinq ans après le diagnostic. Photo : iStockphoto

Les spécialistes ne s'entendent pas sur l'innocuité pour la santé de l'addition de fluor à l'eau potable.

D'un côté, les partisans de la fluoration de l'eau pensent que la baisse importante de caries observées chez les citoyens buvant de l'eau fluorée est une mesure de santé publique essentielle.

Ils affirment que les fluorures sont des minéraux que l'on retrouve couramment dans la nature et que l'eau que l'on retrouve à l'état naturel contient parfois des niveaux beaucoup plus élevés de fluor que celui réclamé pour prévenir la carie dentaire.

Les adeptes de l'eau fluorée se basent également sur de nombreuses études qui ont démontré la bénignité de la fluoration de l'eau sur la santé et sur l'environnement.

Les opposants à l'eau potable fluorée s'appuient eux aussi sur un large éventail de publications scientifiques dans lesquelles on a trouvé un lien statistiquement significatif entre le fluorure et toute une série d'effets néfastes pour la santé: augmentation du risque de fracture osseuse, réduction de la fonction thyroïdienne, réduction du quotient intellectuel, condition apparentée à l'arthrite, cancer des os et fluorose dentaire, une décoloration ou marbrure de l'émail des dents.

Ces spécialistes croient qu'il n'est pas nécessaire d'exposer l'organisme entier au fluor et à tous les risques qui sont associés à son ingestion, puisque cette substance agit uniquement lorsqu'elle est appliquée à l'extérieur de la dent, et non pas à partir de l'intérieur du corps. Ils soulignent que les dentifrices fluorés sont facilement accessibles.