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Julian Assange proclame son innocence

Après plus d'une semaine de détention, le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est sorti de prison, jeudi, quelques heures après que la Haute Cour de justice de Londres eut maintenu la décision du tribunal de Westminster de lui accorder une libération conditionnelle.

Au terme d'une audience de 90 minutes, le juge Duncan Ouseley a rejeté l'appel déposé par le parquet britannique au nom du gouvernement suédois. Ce jugement est sans appel.

Julian Assange après avoir été libéré sous caution.Julian Assange après avoir été libéré sous caution. Photo : AFP / Leon Neal

« J'espère poursuivre mon travail et prouver mon innocence », a réagi l'Australien de 39 ans après sa libération, lors d'une brève apparition devant la foule de journalistes massés devant le tribunal.

Il a en outre remercié « tous ceux qui, de par le monde, ont foi en moi », ceux qui ont donné de l'argent « malgré les grandes difficultés », les journalistes « qui ne sont pas tous sous influence », ainsi que le système judiciaire britannique, qui prouve que « la justice n'est pas encore morte ».

S'il a eu gain de cause cette fois-ci, M. Assange n'est pas au bout de ses peines, et ses ennuis judiciaires loin d'être terminés.

Je n'ai pas vraiment peur d'être extradé vers la Suède.
Je suis davantage préoccupé
par une extradition aux États-Unis.

Julian Assange

« Aujourd'hui, nous avons eu vent d'une rumeur rapportée par mon avocat aux États-Unis, une rumeur qui n'a pas été confirmée, mais selon laquelle j'ai été inculpé aux États-Unis », a-t-il soutenu.

Washington a déjà menacé de poursuivre Julian Assange pour avoir diffusé des documents américains militaires et diplomatiques confidentiels.

Devant la cour, une vingtaine de ses partisans, dont plusieurs portaient un bâillon aux couleurs du drapeau américain, scandaient des slogans en sa faveur et portaient des pancartes. L'une d'elle proclamait : « Condamner des crimes de guerre n'est pas un crime. »

Le gouvernement suédois souhaitait que Julian Assange reste incarcéré en attendant la suite des procédures d'extradition vers la Suède, prévues au début février, sous prétexte qu'il pourrait s'enfuir.

« La cour ne considère pas que, dans ce cas, elle a affaire à un fugitif qui essaie d'échapper à la justice ou qui cherche à se soustraire à un interrogatoire et à des poursuites », a déclaré le juge Ouseley. « Il a clairement la volonté de prouver son innocence parce que s'il ne le fait pas, les allégations continueraient de planer au-dessus de sa tête. »

Julian Assange a pu recouvrer sa liberté après avoir versé la caution de 200 000 livres (318 000 $) exigée par le tribunal de Westminster. Plusieurs personnalités publiques, dont le réalisateur américain Michael Moore et le cinéaste britannique Ken Loach, ont contribué à cette caution.

La comparution d'Assange a donné lieu à un important cirque médiatique devant la Haute Cour de justice.La comparution d'Assange a donné lieu à un important cirque médiatique devant la Haute Cour de justice. Photo : AFP / Adrian Dennis

La justice suédoise a lancé un mandat d'arrêt international à l'encontre de Julian Assange parce qu'elle veut l'interroger sur des allégations de crimes sexuels lancées en août dernier par deux femmes.

Julian Assange est emprisonné depuis le 7 décembre à la prison de Wandsworth.

Dans sa chronique Sur le web, Vincent Grou fait état des sites miroirs de WikiLeaks sur Google Earth.

Mardi, le tribunal de Westminster avait autorisé la remise en liberté d'Assange, à condition qu'il respecte plusieurs conditions. Outre le versement de la caution, elle oblige Julian Assange à :

  • demeurer assigné à résidence dans le comté de Suffolk, dans l'est de l'Angleterre;
  • respecter un couvre-feu;
  • porter un bracelet électronique;
  • se présenter à la police tous les jours d'ici à son retour devant le tribunal.

Assange, qui nie avoir quoi que ce soit à se reprocher, s'est rendu la semaine dernière à Scotland Yard. WikiLeaks continue tout de même de publier au compte-gouttes les 250 000 notes diplomatiques qu'Assange a réussi à obtenir.

La semaine dernière, la justice britannique avait rejeté une première demande de libération présentée par les avocats d'Assange, sous prétexte qu'il avait « les moyens et la capacité de s'enfuir ».

Le prochain rendez-vous devant la justice a été fixé au 11 janvier, alors que sera déterminée la date du jugement d'extradition.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters