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Six personnes suspectées de crimes contre l'humanité

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé aux juges du tribunal international de délivrer des citations à comparaître à l'encontre de six Kenyans, dont trois ministres, soupçonnés d'avoir commis des crimes contre l'humanité dans la foulée de l'élection présidentielle de 2007.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo.

Photo : AFP / Pool/ANP/Bas Czerwinski

Les violences qui ont suivi l'annonce de la victoire du président sortant Mwai Kibaki contre Raïla Odinga ont fait plus de 1100 morts, 3500 blessés et jusqu'à 600 000 personnes déplacées.

Le litige s'est soldé par une entente de partage du pouvoir qui a permis à Raïla Odinga d'accéder au poste de premier ministre. L'entente prévoyait aussi que les responsables des crimes seraient poursuivis.

Devant l'incapacité du gouvernement kenyan d'aller de l'avant dans ce dossier, le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo a été autorisé ce printemps à mener sa propre enquête par les juges du tribunal.

Les deux dossiers distincts de crimes contre l'humanité qu'il a déposés devant les juges du CPI concernent six personnes, dont des membres influents du Parti de l'Unité nationale (PNU) du président Kibaki et du Mouvement démocratique orange (ODM) du premier ministre Odinga.

Les accusés sont :

  • Uhuru Kenyatta (PNU), vice-premier ministre, ministre des Finances, et fils du fondateur de l'État kenyan, Jommo Kenyatta;
  • Francis Kirimi Mathaura, (PNU) chef des Services publics et secrétaire général du gouvernement;
  • le major-général Hussein Ali, ancien chef de police;
  • William Ruto (ODM), ministre de l'Éducation, actuellement suspendu pour une affaire de corruption;
  • Henry Kosgey (ODM), ministre de l'Industrialisation;
  • Joshua Arap Sang, directeur d'une station de radio locale.

Les trois premiers sont soupçonnés d'être les principaux organisateurs des violences visant les partisans de l'ODM de M. Odinga. Ils font face à des soupçons de meurtres, de transferts forcés de population, de persécutions basées sur l'appartenance politique, de viols et d'autres actes inhumains.

Les trois autres, qui sont tous membres de l'ethnie kalenjin, sont soupçonnés de meurtres, de transferts forcés de population, de persécutions basées sur l'appartenance politique et de tortures, pour des gestes apparemment commis contre des membres du PNU de M. Kibaki, et particulièrement contre des membres de l'ethnie kikuyu.

Première rangée, de gauche à droite : William Ruto, Joshua Arap Sang et Francis Muthaura. Deuxième rangée : Henry Kosgey, Uhuru Kenyatta et Hussein Ali.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Première rangée, de gauche à droite : William Ruto, Joshua Arap Sang et Francis Muthaura. Deuxième rangée : Henry Kosgey, Uhuru Kenyatta et Hussein Ali.

Photo : AFP / Cour pénale internationale

« Ceux-là sont les principaux responsables mais bien sûr, il y en a beaucoup d'autres », a déclaré M. Moreno-Ocampo, lors d'une conférence de presse à La Haye. « Nous nous concentrons sur les plus responsables. »

En attendant la décision des juges de la CPI, M. Moreno-Ocampo a demandé au gouvernement kenyan de s'assurer que les suspects n'aient aucun contact entre eux, ni avec les témoins ou les victimes des crimes, qu'ils ne falsifient pas de preuves et qu'ils n'entravent pas l'enquête. Le procureur prévient qu'il demandera des mandats d'arrêt à l'encontre des six suspects si ses conditions sont violées.

L'enquête de la CPI vise à empêcher que les violences de 2007-2008 ne se reproduisent pas lors de la prochaine présidentielle, en 2012. Les citations à comparaître risquent cependant de jouer un rôle important dans le cadre du scrutin : M. Ruto et M. Kenyatta, considéré comme le dauphin du président Kibaki, sont deux candidats possibles à la présidentielle.

Selon le quotidien kenyan The Standard, le président Kibaki a demandé à ses ministres de ne pas quitter le cabinet malgré la demande de citations à comparaître. Il affirme que les personnes soupçonnées de crimes contre l'humanité sont innocentes jusqu'à preuve du contraire.

Le Canada veut récupérer de l'argent donné au Kenya

Le Canada, le Royaume-Uni, la Banque mondiale et l'UNICEF ont demandé mercredi au gouvernement du Kenya de poursuivre des fonctionnaires corrompus qui auraient volé une somme d'un million de dollars destinée à l'éducation d'enfants pauvres.

Ils entendent d'ailleurs récupérer l'argent subtilisé auprès du gouvernement du Kenya. En attendant que des poursuites soient entreprises, ils n'entendent plus verser un sou au ministère kenyan de l'Éducation.

Le ministère n'a jamais clairement expliqué ce qui s'est passé dans ce dossier. Depuis que des problèmes ont été découverts en septembre 2009, des enquêtes visant six fonctionnaires ont été ouvertes, mais aucun verdict n'a encore été prononcé.

Les donateurs indiquent que l'argent qui sera retrouvé et les prochains fonds destinés aux enfants pauvres seront remis à des organismes qui échappent au contrôle du gouvernement.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, La Presse canadienne, et The Standard

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