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Pourquoi les adeptes de la méditation sont-ils moins sensibles à la douleur?

Des hommes méditent

Photo : iStockphoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les adeptes de la méditation zen sont moins sensibles à la douleur parce que cette sensation n'est pas traitée dans la zone du cerveau responsable de l'évaluation, du raisonnement ou de la formation de la mémoire, ont démontré des chercheurs québécois.

Selon le Pr Pierre Rainville et ses collègues de l'Université de Montréal, les personnes qui pratiquent la méditation ressentent bel et bien les sensations douloureuses, mais elles abrègent le processus en s'empêchant d'interpréter ou d'étiqueter les différents stimuli comme douloureux.

En février 2009, la même équipe montrait que la méditation atténuait la sensibilité à la douleur. Grâce au recours à l'imagerie magnétique fonctionnelle, l'équipe montre comment elle y parvient.

Le cerveau à l'entraînement

Les chercheurs ont comparé la réponse à des stimuli douloureux de 13 adeptes de la méditation zen à celle de 13 autres sujets ne pratiquant pas la discipline.

La perception de la douleur des deux groupes a été mesurée et comparée avec les données recueillies par IRM fonctionnelle.

Les résultats montrent que les adeptes expérimentés de la méditation zen ont présenté des réponses plus basses à la douleur et une diminution de l'activité cérébrale dans les zones du cerveau responsables de la cognition, de l'émotion et de la mémoire.

Une diminution de la communication entre la région du cerveau qui ressent la douleur et le cortex préfrontal a aussi été observée.

« Ces résultats remettent en question les concepts actuels du contrôle mental, censé s'obtenir par un effort ou une activité cognitive croissante. Nous pensons, à l'inverse, qu'il est possible d'autoréguler ces processus de manière plus passive en neutralisant les zones du cerveau qui, dans ce cas, sont normalement impliquées dans le traitement de la douleur. »

— Une citation de  Joshua Grant

Ainsi, ces travaux laissent penser que les adeptes de la méditation zen pourraient avoir acquis l'aptitude de neutraliser certains processus cérébraux supérieurs tout en continuant de ressentir les stimuli.

Cette aptitude pourrait avoir d'importantes conséquences sur la régulation de la douleur et des émotions et sur le contrôle cognitif.

Cette nouvelle connaissance pourrait avoir des retombées sur la prise en charge de la douleur chronique occasionnée par exemple par l'arthrite, les maux de dos ou le cancer.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Pain.

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