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Julian Assange est en détention

Julian Assange emmené au tribunal
Julian Assange emmené au tribunal Photo: La Presse canadienne / Stefan Rousseau
Radio-Canada

Le fondateur du site Internet WikiLeaks, Julian Assange, qui a comparu mardi, restera en détention jusqu'au 14 décembre.

Le juge a rejeté la demande de libération sous caution.

L'homme de 39 ans, qui est recherché par la justice suédoise relativement à des allégations de « viol, d'agression sexuelle et de coercition », a été arrêté mardi par la police britannique.

L'arrestation d'Assange se produit au moment où WikiLeaks révèle au compte-gouttes des notes diplomatiques américaines qui s'avèrent embarrassantes pour Washington.

« Je n'avais pas entendu ça, mais ça me semble être une bonne nouvelle », a commenté le secrétaire américain à la Défense Robert Gates depuis l'Afghanistan, où il visite des soldats américains stationnés à la base Connolly.

Assange nie les allégations dont il est l'objet avec véhémence. Il a déjà soutenu qu'elles étaient sans fondement, et a laissé entendre qu'il était victime d'une machination orchestrée par le Pentagone.

Selon la BBC, la police britannique a reçu lundi un nouveau mandat d'arrêt international à l'encontre de Julian Assange. Il semble que le premier mandat d'arrêt lancé par la Suède avait été mal rédigé.

L'avocat britannique de M. Assange, Mark Stephens, avait pour sa part fait savoir qu'il allait rencontrer la police britannique de son propre gré pour répondre aux questions des policiers.

« La requête est d'interroger Julian Assange », avait déclaré l'avocat, qui admettait du même souffle s'inquiéter d'une possible extradition de son client vers les États-Unis s'il devait être arrêté et confié à la police suédoise.

Le procureur suédois en charge de l'enquête pour viol, Marianne Ny, a assuré mardi qu'il n'est nullement question d'extrader Julian Assange. « Je n'ai pas émis un mandat d'arrêt européen contre lui pour qu'il soit extradé vers les Etats-Unis », a-t-elle dit lors d'une conférence de presse à Göteborg, dans le sud-ouest de la Suède, selon l'agence TT.

Jusqu'à nouvel ordre, Assange ne fait face à aucune accusation aux États-Unis. L'homme soupçonné de lui avoir remis les notes diplomatiques, le spécialiste du renseignement militaire Bradley Manning, y est cependant détenu depuis six mois.

Un porte-parole de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, a fait savoir que l'arrestation d'Assange ne changeait aucunement ce qui était planifié. « Tout développement concernant Julian Assange ne modifie en rien les plans que nous avons relativement aux publications d'aujourd'hui et des jours suivants », a-t-il déclaré.

Les tergiversations de la justice suédoise

L'arrestation de Julian Assange est le plus récent épisode d'une saga qui donne lieu à des théories du complot. Le fondateur de WikiLeaks, qui nie tout, a lui-même dénoncé une manoeuvre du Pentagone destinée à détruire le site Internet.

Tout a commencé le 20 août, lorsque deux femmes âgées de 25 à 35 ans se sont adressées à la police suédoise pour rapporter leur agression, mais sans porter plainte. Les autorités ont cependant jugé les allégations assez importantes pour saisir la justice.

Un mandat d'arrêt contre Julian Assange a alors été lancé à la demande de la procureure Marie Häljebo Kjellstrand. Moins de 24 heures plus tard, la procureure générale, Eva Finne, avait toutefois annulé le mandat, faute de preuves.

Une des présumées victimes se serait retrouvée avec Julian Assange dans un appartement du quartier Södermalm, à Stockholm. Elle a raconté avoir été victime d'agression. L'autre femme affirmait avoir été violée dans une autre ville dans la même soirée, à Enköping.

En novembre, la procureure chargée du dossier, Marianne Ny, a finalement demandé au tribunal de Stockholm d'arrêter M. Assange en raison de soupçons pesant sur lui. « La raison de cette décision est que nous devons l'interroger », avait-elle expliqué.

Revers en Suisse, victoire en France

Julian Assange est clairement un homme traqué. Lundi, Postfinance, une filiale bancaire de la Poste suisse, a décidé de fermer son compte parce qu'il avait donné de fausses indications sur le lieu de son domicile.

Un porte-parole de Postfinance a indiqué à Associated Press que les fonds qui se trouvent dans le compte, environ 41 000 $US, seront remis à M. Assange et qu'il ne subira aucune conséquence criminelle.

Selon l'agence de presse américaine, la fermeture du compte réduit les options qui s'offrent à M. Assange pour financer les activités de WikiLeaks. Il ferait encore affaire avec un centre de traitement des cartes de crédit helvéto-islandais, et détiendrait toujours des comptes bancaires en Islande et en Allemagne.

Assange a cependant remporté une victoire en France. La société française OVH, qui héberge une partie de WikiLeaks, a annoncé lundi que la justice ne lui avait pas ordonné de fermer le site controversé, comme le gouvernement cherchait à le faire. WikiLeaks est aussi hébergé en partie en Suède.

Depuis que WikiLeaks a entrepris de publier des notes diplomatiques américaines, les firmes américaines Amazon.com, PayPal et EveryDNS ont toutes rompu leurs liens avec WikiLeaks.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters