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Un accord doit réunir tous les pays, répète le ministre Baird

John Baird, annonçant la création d'une réserve marine dans l'Arctique.

John Baird, annonçant la création d'une réserve marine dans l'Arctique.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À la veille de son départ pour Cancun, au Mexique, où se tient la Conférence de l'ONU sur le climat, le ministre fédéral de l'Environnement, John Baird, réaffirme qu'une nouvelle entente sur les changements climatiques doit absolument réunir tous les pays du globe pour être efficace.

Le ministre a réitéré la position du gouvernement conservateur lors d'un point de presse, lundi, organisé pour annoncer la création d'une réserve marine dans l'Arctique.

« Notre but à la réunion des Nations Unies, ce n'est pas un accord, c'est un accord qui va réduire les émissions de gaz à effet de serre partout au monde, a-t-il averti. Si on réduit les gaz à effet de serre dans 35 pays, et que ça grandit dans les 150-155 autres, ce n'est pas une victoire. »

Le ministre Baird, qui s'est dit en accord avec une entente contraignante, n'a cependant pas avancé d'échéancier ou de précisions. Il a en outre offert des réponses vagues aux journalistes qui lui demandaient ce que le Canada compte accomplir à la Conférence.

Le Canada dans le peloton de queue

Le Canada se retrouve au 54e rang de l'indice de performance en matière de changements climatiques, qui a évalué les 57 plus grands émetteurs de la planète. Aidés par plus de 190 experts internationaux, les organisations écologistes Germawatch et Climate Action Network Europe ont tenu compte des émissions de gaz à effet de serre et des politiques des pays en matière de climat.

Les pays en tête sont le Brésil, la Suède, la Norvège, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Le Canada devance seulement l'Australie, le Kazakhstan et l'Arabie saoudite.

Le gouvernement cherche des excuses, accuse l'opposition

À l'Ottawa, l'opposition a unaniment déploré l'approche adoptée par les conservateurs, déplorant notamment l'absence de normes canadiennes.

Le leader libéral, Michael Ignatieff, qui a qualifié d'« hypocrite » la position du gouvernement, estime qu'Ottawa peut agir sans attendre de voir ce que feront les autres pays.

« Le Canada veut aller vers un nouvel accord qui serait non contraignant et qui engagerait très peu les parties et qui en bout de ligne, ne représenterait pas une réponse adéquate sur les changements climatiques », a de son côté argué le porte-parole bloquiste en matière d'environnement, Bernard Bigras.

Non seulement le Canada est-il dépourvu de plan, a-t-il ajouté, mais il n'est présent à Cancun que pour défendre les intérêts de l'industrie pétrolière. Il réclame d'ailleurs une réglementation qui viserait particulièrement les grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES).

En Chambre, le chef néo-démocrate Jack Layton, s'est inquiété du sort de la planète après la fin du protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de GES. « Pourquoi tuer Kyoto? », a-t-il demandé.

Aucun traité n'a encore été négocié pour prolonger ou remplacer le protocole de Kyoto, qui vient à terme en 2012. L'accord avait été ratifié par 184 pays, excluant les États-Unis.

M. Layton a en outre accusé plus les conservateurs d'avoir utilisé le Sénat pour tuer le seul projet de loi existant contre les changements climatiques. À la mi-novembre, le projet de loi C-311, qui avait passé le test du Parlement, a été battu à la Chambre haute, composée de membres non élus.

Notons que l'Institut C.D. Howe, un groupe de réflexion de droite, estime lui aussi que le Canada peut agir dès maintenant. À force d'attendre un mécanisme américain, le Canada finira par se retrouver avec un retard technologique extrêmement coûteux à long terme, estime l'analyste Ben Dachis.

Le commissaire à l'environnement doit par ailleurs rendre public mardi un rapport sur les changements climatiques, qui pourrait donner des munitions à l'opposition.

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