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  • Coûteux dérapage informatique à Québec

    ordinateur
    Radio-Canada

    Radio-Canada a appris qu'après avoir injecté plus de 30 millions de dollars dans le Réseau des services intégrés pour personnes âgées (RSIPA), le ministère de la Santé du Québec a décidé de suspendre la poursuite du projet, faute de fonds.

    Lancé en 2006, le RSIPA visait à informatiser et à mettre en réseau les dossiers cliniques des personnes âgées et en perte d'autonomie.

    « Le RSIPA, s'il avait été complètement développé et déployé, ça aurait été un dossier clinique informatisé pour les personnes âgées, pour suivre le cheminement des personnes âgées, leurs évaluations », explique Lise Denis, directrice générale de l'Association québécoise d'établissements de santé et services sociaux (AQESSS).

    Au départ, le projet devait coûter 63 millions de dollars. Quatre ans plus tard, Québec estime que l'implantation du système informatique lui coûterait trois fois plus cher. Il a donc décidé de mettre le projet sur la glace, selon des documents dont Radio-Canada a obtenu copie.

    Depuis 2006, le gouvernement a injecté 32 millions de dollars pour développer et implanter le RSIPA, plus de la moitié du budget initial. Après quatre ans, 25 % seulement du système informatique a été installé dans les établissements de santé, et ce, avec un an et demi de retard.

    « Il y a eu une première phase [...] un premier 20 millions. Après ça, il y a eu un 12 millions. Ça, ça a permis de développer le module, je dirais, d'évaluation des besoins. Après ça, les autres modules, tout a été suspendu parce que l'évaluation des coûts, semble-t-il, a démontré qu'ils étaient pour être trois fois plus élevés », raconte Lise Denis.

    Avec cette suspension, la plupart des établissements de santé se retrouvent avec un projet inachevé et un système informatique incomplet à défaut de moyens pour poursuivre l'implantation.

    L'AQESSS n'est pas surprise de la tournure des événements. « Est-ce que je suis étonnée? Pas vraiment quand je regarde l'ensemble de ce qui s'est développé, un peu en pièces détachées, et l'absence d'orientation claire au plan du ministère de la Santé quant au développement informatique », estime Mme Denis.

    L'association craint maintenant que le gouvernement n'abandonne pour de bon le projet du RSIPA. Lise Denis demande à Québec de terminer ce qu'il a commencé. « Il ne faut pas perdre ça. Ça n'aurait pas de bon sens. Là, ça serait un investissement inutile. »

    Québec affirme pour sa part que le projet suit son cours et qu'il respecte les budgets qui lui ont été octroyés.

    D'après un reportage de Jean-Philippe Robillard