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Syndicats et étudiants claquent la porte

Des étudiants manifestent à Québec contre la hausse appréhendée

Des étudiants manifestent à Québec contre la hausse appréhendée

Radio-Canada

Les associations étudiantes, suivies de près par les grandes centrales syndicales, ont quitté avec fracas la rencontre avec Québec sur le financement des universités.

C'est la Fédération universitaire du Québec (FEUQ) qui a ouvert le bal, refusant un débat où elle estime que tout est joué d'avance. Elle s'oppose avec virulence à une vision d'un financement accru qui passerait pour l'essentiel par la hausse des droits de scolarité.

Peu avant de claquer la porte à son tour, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a dit ne pas vouloir être associée à une rencontre où l'on ne s'attarde qu'à la seule question du financement, estimant que l'avenir des universités embrasse bien plus large.

Pendant ce temps, des dizaines de milliers d'étudiants ont manifesté devant l'Assemblée nationale contre une éventuelle hausse des droits de scolarité.

Leur action s'inscrit sur fond d'un vaste mouvement de débrayage dans les cégeps et les universités du Québec.

La plupart d'entre eux sont membres de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), qui a lancé le mouvement.

Une question de justice sociale, dit Bachand

Le ministre des Finances Raymond Bachand

Le ministre des Finances, Raymond Bachand

Le ministre des Finances du Québec n'a pas paru démonté par le départ de plusieurs de ses interlocuteurs.

Raymond Bachand a rétorqué qu'entre 1968 et maintenant, la part du financement des universités assumé par les étudiants est passée de 36 % à 13 %, ajoutant que la différence est sur les épaules des contribuables.

Or, d'après le ministre, les diplômés universitaires gagneront 600 000 $ de plus dans leur carrière qu'un détenteur de diplôme secondaire. Il voit donc dans ce débat un enjeu de justice sociale, et dénonce l'attitude de ses détracteurs qu'il qualifie de « pas dans ma cour ».

Raymond Bachand a rappelé, par ailleurs, que la rencontre portait sur bien plus que la seule question des frais de scolarité.

« La raison du rendez-vous aujourd'hui, c'est que la contrepartie des université, elle doit être discutée », a-t-il fait valoir. « Qu'est-ce que les étudiants attendent des universités ? Qu'est-ce que les universités sont prêtes à mettre sur la table ? Qu'est-ce que le secteur privé est prêt à faire aussi ? »

La ministre de l'Éducation qui l'accompagnait a ajouté pour sa part qu'il ne fallait pas voir dans l'action de Québec une façon de se désangager du financement des universités.

Line Beauchamp précise en outre qu'une hausse des frais de scolarités sera aussi accompagnée de mesures fiscales ou autre pour en atténuer l'impact sur les étudiants en situation précaire. Les entreprises seront aussi davantage sollicitées pour le financement des universités, mais Québec n'entend pas les contraindre d'agir en ce sens.

La rencontre rassemblait des représentants du ministère de l'Éducation et des Finances, des milieux universitaires et collégiaux, du milieu des affaires et des associations étudiantes.

Dans son budget de mars dernier, le ministre des Finances du Québec Raymond Bachand a annoncé que les droits de scolarité seront augmentés à partir de 2012, sans toutefois avancer de chiffres.

Selon le document de préparation remis par le ministère de l'Éducation aux participants, les dépenses de fonctionnement des universités québécoises sont inférieures de 10 % à celles effectuées ailleurs au pays. Les institutions québécoises, précise-t-on, sont moins financées et plus déficitaires que les autres universités canadiennes.

Dans un document publié la semaine dernière, la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) a notamment proposé de hausser les droits de scolarité de 500 $ par année pendant trois ans, à compter de 2012. Il est aussi question d'augmenter les droits de scolarité pour certains programmes qui s'avèrent plus coûteux, mais aussi plus rentables pour ceux qui en sont diplômés.

« Il y a des signes de fragilité et [...] il ne faut pas continuer dans cette direction. Il faut freiner cette direction », soutient le président de la CREPUQ, Daniel Zizian.

Pierre Lussier, un ex-sous-ministre de l'Enseignement supérieur devenu professeur à l'Institut national de la recherche scientifique, abonde dans le même sens. « Moi je pense qu'on joue avec le feu. On ne pourra pas tenir ça indéfiniment et ça fait longtemps que ça se dit. Il va bien falloir finir par faire quelque chose de significatif », affirme-t-il.

Les étudiants opposés à toute hausse

Les propositions de la CREPUQ étaient rejetées d'emblée par le président de la Fédération universitaire du Québec, Louis-Philippe Savoie.

« Ça devient une nécessité pour une économie moderne de compter sur des diplômés universitaires et sur des diplômés collégiaux. Hausser les frais de scolarité, ce serait une erreur pour les étudiants, pour les familles, qui ont actuellement beaucoup de difficultés à contribuer aux études de leurs enfants. Finalement, le Québec en entier serait perdant », assure-t-il.

Toutes les parties s'entendent sur un point : augmenter les droits de scolarité ne permettra pas de résoudre les problèmes de financement des universités, d'où la nécessité de se tourner vers d'autres sources de financement, qu'il s'agisse du gouvernement ou du secteur privé.

Selon les associations étudiantes, le coût assumé par les étudiants a triplé depuis la fin des années 80. Un étudiant qui entreprendra des études universitaires en 2012, notent-ils, doit maintenant prévoir 2800 $ par année.