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Washington désigne les sites d'intérêt stratégique au Canada

Radio-Canada

Une trentaine de sites industriels et d'infrastructures du Canada figurent sur une liste secrète des sites que les États-Unis veulent protéger d'attaques terroristes, indique une nouvelle note diplomatique révélée par WikiLeaks.

Il s'agit d'infrastructures de communications, d'énergie, mais aussi de mines, de laboratoires pharmaceutiques et d'entreprises de l'industrie spatiale ou de la défense.

Hydro-QuébecSiège social d'Hydro-Québec, à Montréal (archives) Photo : Luc Lavigne

Les sites en question sont spécifiés dans une note envoyée par la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton en février 2009 à toutes les ambassades américaines du monde. Mme Clinton y demande une mise à jour des infrastructures et des ressources dont la perte « affecterait de manière significative » la santé publique, la vie économique et la sécurité nationale des États-Unis.

Sur le plan énergétique, les sites canadiens comprennent notamment Hydro-Québec, considéré comme une « source critique irremplaçable d'énergie » pour des portions du Nord-Est américain, les barrages électriques Seven, Mica et Waneta en Colombie-Britannique, et les installations nucléaires de Darlington, de Pickering et de Chalk River (fabrication d'isotopes médicaux), en Ontario.

On y également retrouve les pipelines d'Enbridge, de TransCanada et de Northeast, et le site néo-écossais de Hibernia Atlantic, qui se définit lui-même comme le plus grand fournisseur privé de câbles de transport transatlantiques sous-marins.

En matière de transport, la liste comprend plusieurs passages frontaliers, notamment le pont Ambassadeur, qui relie Windsor à Détroit. Plus de la moitié du commerce transfrontalier transite par ce point de passage, notamment crucial pour l'industrie de l'automobile.

La liste comprend aussi une série de laboratoires pharmaceutiques, en Ontario et au Québec.

Le spécialiste des questions de sécurité nationale Michel Juneau-Katsuya soutient que la liste peut être considérée comme « une liste d'épicerie pour terroristes ». Il admet que les installations de la baie James, par exemple, sont difficilement attaquables, mais que des usines chimiques ou pharmaceutiques peuvent être plus vulnérables.

Une liste mondiale

La note diplomatique ne recense pas que les sites canadiens. Elle détaille des sites semblables situés partout dans le monde, qu'il s'agisse du canal de Panama, d'une mine de cobalt en République démocratique du Congo ou d'une usine italienne fabriquant un antidote au venin de serpent.

La note diplomatique indique que la requête vise « à renforcer le niveau de préparation nationale, [à organiser] une réponse en temps opportun, et une récupération rapide en cas d'attaque, de catastrophe naturelle ou d'une autre urgence ».

Compiler ces sites, précise le département d'État, doit aider à « prévenir, dissuader, neutraliser ou atténuer les effets d'efforts délibérés de la part de terroristes pour détruire, [nuire] ou exploiter » des sites d'une importance « vitale » pour les États-Unis.

Au Royaume-Uni, où les États-Unis recensent trois sites appartenant au numéro un mondial de l'armement et de la défense, BAE Systems, le gouvernement britannique a « condamné sans équivoque » cette nouvelle « publication non autorisée d'informations secrètes ».

« Ces fuites et leur diffusion sont préjudiciables à la sécurité nationale aux États-Unis, en Grande-Bretagne et ailleurs », a déclaré un porte-parole de Downing Street.