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Gbagbo et Ouattara prêtent serment

Laurent Gbagbo prête serment comme président.

Laurent Gbagbo prête serment comme président.

Photo : AFP / Seyllou

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Côte d'Ivoire est plongée dans une véritable crise politique et institutionnelle. Les deux prétendants à la présidence du pays, Laurent Gbagbo et Alassan Ouattara, ont prêté serment chacun de leur côté samedi.

D'abord à Abidjan, Laurent Gbagbo a été officiellement investi président de la Côte d'Ivoire, prêtant serment au palais présidentiel.

L'investiture s'est déroulée après une nuit de violences entre partisans de M. Gbagbo et de son adversaire Alassane Ouattara qui a fait deux morts, selon un bilan provisoire.

En Côte d'Ivoire, les deux rivaux Gbagbo et Ouattara prêtent serment pour la présidence accentuant la crise politiqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alassane Dramane Ouattara après avoir reconduit Guillaume Soro dans son poste de premier ministre

Photo : AFP / Issouf Sanogo

Quelques heures plus tard, le premier ministre ivoirien Guillaume Soro a remis sa démission à Alassane Ouattara, qui l'a reconduit dans ses fonctions après avoir prêté serment en qualité de président. La Côte d'Ivoire se retrouve ainsi face à une impasse politique.

Laurent Gbagbo fait fi de la communauté internationale qui avait salué la victoire de son rival, se basant sur les résultats de la commission électorale indépendante publiés jeudi, où M. Ouattara l'emportait avec 54 % des suffrages, contre 46 % pour M. Gbagbo.

Vendredi, cependant, le Conseil constitutionnel ivoirien, la plus haute instance juridique, annonçait que le total révisé des bulletins donnait 51 % des voix à M. Gbagbo contre 49 % pour M. Ouattara.

Le chef du Conseil constitutionnel, Paul Yao N'dre, a précisé que son équipe rejetait les bulletins de 7 des 19 régions du pays parce que des électeurs partisans de Gbagbo y avaient été intimidés. Les 500 000 votes annulés proviennent de bastions connus d'Alassane Ouattara.

L'accord de paix signé en 2007 après cinq ans de guerre en Côte d'Ivoire prévoit que les Nations unies doivent aussi certifier les résultats.

De nombreux appuis pour Ouattara

L'Union africaine a prévenu par communiqué Laurent Gbagbo que s'il ne cédait pas sa place à M. Ouattara, qu'elle considère comme le véritable gagnant, les conséquences pourraient être désastreuses.

Tout refus de se rétracter « risque de plonger [la Côte d'Ivoire] dans une crise aux conséquences incalculables pour le pays, de même que pour la région et pour le continent », selon le communiqué.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a pour sa part exprimé sa « profonde inquiétude » à propos de l'impasse en Côte d'Ivoire « en dépit du résultat transparent et crédible » de l'élection présidentielle, certifiée par le représentant des Nations Unies.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a prévenu que son institution ne travaillerait pas avec un gouvernement de la Côte d'Ivoire non reconnu par les Nations Unies.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a de son côté félicité Alassane Ouattara pour sa victoire et a appelé toutes les parties à respecter « la volonté démocratique du peuple ivoirien ».

Londres a également appelé à respecter les résultats annoncés par la Commission électorale indépendante.

L'annonce du retour au pouvoir de M. Gbagbo a joué en boucle vendredi à la télévision nationale et sur les radios.

La télévision nationale n'a pas mentionné vendredi que les États-Unis et la France reconnaissaient la présidence de M. Ouattara, et non celle de M. Gbagbo, président depuis 2000. Elle n'a pas diffusé non plus la conférence de presse de la mission onusienne en Côte d'Ivoire, qui proclamait M. Ouattara vainqueur.

Laurent Gbagbo a dénoncé des ingérences étrangères et a affirmé que la souveraineté de la Côte d'Ivoire n'était pas négociable.

Craignant une explosion de violences, le département d'État américain a appelé samedi ses ressortissants à éviter tout voyage en Côte d'Ivoire.

L'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, est attendu dimanche matin en Côte d'Ivoire, selon l'ambassadrice d'Afrique du Sud en Côte d'Ivoire, citée par l'agence Reuters. Il aura à jouer un rôle de médiateur pour désamorcer la crise.

Des partisans d'Alassane Ouattara manifestent leur mécontentement.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des partisans d'Alassane Ouattara manifestent leur mécontentement.

Photo : AFP / Issouf Sanogo

Avec les informations de Associated Press

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