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Le DGEQ met fin à son enquête sur l'affaire Bellemare

Marc Bellemare, à son arrivée à la commission, jeudi dernier.

Marc Bellemare, à son arrivée à la commission, jeudi dernier.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le directeur général des élections du Québec (DGEQ) n'a pas l'intention de poursuivre davantage son enquête sur les allégations de l'ex-ministre Marc Bellemare sur le financement du Parti libéral du Québec. Une décision qui fait bondir M. Bellemare.

Dans un communiqué publié vendredi, le DGEQ explique que les rencontres de ses enquêteurs avec M. Bellemare ne lui ont pas permis de recueillir suffisamment de « faits étayés lui permettant de mener plus loin le processus d'enquête ».

« Il ressort du témoignage de M. Bellemare qu'il n'a été témoin d'aucune collecte d'argent qui serait contraire aux dispositions de la Loi électorale. De même, il ne peut témoigner ni citer de fait concret laissant croire que des contraventions à cette loi auraient été commises. Considérant ce qui précède, aucune suite ne sera apportée à ce dossier », écrit le DGEQ.

Cette enquête du directeur général des élections avait été déclenchée après des révélations faites par l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare sur l'existence d'un système de financement illégal au sein du Parti libéral impliquant des entreprises du domaine de la construction.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, Marc Bellemare avait entre autres déclaré avoir assisté à des échanges d'argent liquide entre des membres du parti et des collecteurs de fonds liés au domaine de la construction.

L'ex-ministre de la Justice faisait aussi état de trafic d'influence de la part de certains collecteurs de fonds auprès du bureau du premier ministre Jean Charest, notamment en ce qui a trait à la nomination des juges.

Le 22 avril dernier, le DGEQ a assigné Marc Bellemare à comparaître devant ses enquêteurs pour faire la lumière sur ces allégations.

Les avocats de l'ex-ministre ont contesté cette assignation jusqu'en Cour d'appel du Québec, qui a finalement donné gain de cause au DGEQ.

Marc Bellemare a finalement comparu devant les enquêteurs du DGEQ le 22 octobre dernier. C'est à la suite de cette série de rencontres que le bureau du DGEQ, Marcel Blanchet, a pris la décision de ne pas poursuivre l'enquête sur ces allégations.

Dans son communiqué, le bureau du DGEQ précise que « c'est en raison de l'importante médiatisation qui a entouré ce que plusieurs ont appelé "l'affaire Bellemare" » qu'il a estimé nécessaire de faire part de sa décision par voie de communiqué.

En entrevue téléphonique, Marc Bellemare a estimé vendredi que l'enquête avait été bâclée, puisque lui seul a été interrogé.

Le DGE aujourd'hui vient de nous démontrer l'étendue de son incompétence et surtout de son inutilité. Tous ceux qui sont témoins de situations étranges ou embarrassantes en matière de financement des partis politiques, à partir de maintenant, je pense, ne feront pas confiance au DGE, et avec raison.

Une citation de :Marc Bellemare

Les révélations-chocs de Marc Bellemare sur le trafic d'influence reliant certains contributeurs du PLQ au processus de nomination des juges a conduit à la mise sur pied d'une commission d'enquête dirigée par le juge Michel Bastarache, dont les conclusions sont attendues en janvier 2011.

Réaction prudente des libéraux

Au coeur des allégations de Marc Bellemare, les libéraux ont réagi avec prudence à la décision du DGE. Ils ont rappelé que, selon eux, les dires de l'ex-ministre de la Justice étaient sans fondement.

« Moi je m'en remets à ce que le DGE dit. Moi, je n'ai pas fait d'enquête. C'est lui qui fait l'enquête qui dit qu'il n'y a pas de preuve » », a déclaré le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier.

Le premier ministre Charest a dit trouver la situation frustrante. « Oui, c'est frustrant parce qu'on ne pourra pas reprendre tout ce qui a été fait. Parce que tout ce qui a été dit, tout ce qui a été allégué, a été allégué comme si c'était des choses véridiques. Parce que des Québécois ont reçu ça comme des faits avérés », a indiqué Jean Charest.

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