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Julian Assange est persécuté, dit son avocat

Julian Assange, en conférence de presse à Genève, le 4 novembre.

Julian Assange, en conférence de presse à Genève, le 4 novembre.

Photo : AFP / Fabrice Coffrini

Radio-Canada
Mis à jour le 

L'avocat de Julian Assange soutient que les autorités suédoises « persécutent » le fondateur de WikiLeaks. Me Mark Stephens a fait cette déclaration peu après qu'Interpol eut lancé un mandat d'arrêt international visant son client, à la demande de Stockholm.

Julian Assange, un Australien de 39 ans, est recherché en Suède relativement à des allégations d'agression sexuelle. Les procureurs suédois ont déjà expliqué qu'ils réclament son arrestation pour pouvoir l'interroger, car il ne s'est pas rendu disponible à la justice.

En fait, personne ne sait où se trouve Assange. L'homme ne se terre pas pour autant. Il continue notamment d'accorder des entrevues, comme celle diffusée mardi par l'édition en ligne du magazine américain Time.

Me Stephens dénonce le fait que les autorités suédoises ont rejeté plusieurs propositions pour parler à M. Assange, tout en réclamant son arrestation. Il déplore en outre que son client n'ait toujours pas reçu une notification officielle des soupçons le visant.

« Compte tenu du fait que la Suède est un pays civilisé, je dois me résoudre à conclure qu'il s'agit de persécution et pas de poursuites », écrit Me Stephens dans un courrier électronique.

Julian Assange a contesté la décision de la justice suédoise de demander la collaboration d'Interpol dans ce dossier. La Cour suprême suédoise a cependant rejeté son appel jeudi.

Interpol a publié sa notice rouge concernant M. Assange mardi. Cette notice, qui autorise la transmission à l'étranger de mandats d'arrêt émis par des autorités de police nationale, devrait rendre plus difficiles les déplacements internationaux du fondateur de WikiLeaks.

Les tergiversations de la justice suédoise

Le mandat d'arrêt contre Julian Assange est le plus récent épisode d'une saga qui donne lieu à des théories du complot. Julian Assange, qui nie tout, a lui-même dénoncé une manoeuvre du Pentagone destinée à détruire le site Internet qui les embarrasse.

Tout a commencé le 20 août, lorsque deux femmes âgées de 25 à 35 ans se sont adressées à la police suédoise pour rapporter leur agression, mais sans porter plainte. Les autorités ont cependant jugé les allégations assez importantes pour saisir la justice.

Un mandat d'arrêt contre Julian Assange a alors été lancé à la demande de la procureure Marie Häljebo Kjellstrand. Moins de 24 heures plus tard, la procureure générale, Eva Finne, avait toutefois annulé le mandat, faute de preuves.

Une des supposées victimes se serait retrouvée avec Julian Assange dans un appartement du quartier Södermalm, à Stockholm. Elle a raconté avoir été victime d'agression. L'autre femme affirmait avoir été violée dans une autre ville dans la même soirée, à Enköping.

En novembre, la procureure chargée du dossier, Marianne Ny, a finalement demandé au tribunal de Stockholm d'arrêter M. Assange en raison de soupçons pesant sur lui. « La raison de cette décision est que nous devons l'interroger », avait-elle expliqué.

Appels à l'exécution

Par ailleurs, des voix conservatrices au Canada et aux États-Unis demandent ni plus que la mort de Julian Assange. C'est notamment le cas de l'ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Tom Flanagan, qui a déclaré mardi sur les ondes de CBC qu'Assange devrait être assassiné.

M. Flanagan s'est excusé mercredi pour ses propos. « Je regrette avoir fait un commentaire désinvolte à propos d'un sujet sérieux. Si M. Assange est arrêté en vertu du mandat d'arrêt d'Interpol, j'espère qu'il recevra un procès juste et équitable », a-t-il déclaré.

Aux États-Unis, un ex-candidat à l'investiture républicaine en vue de la présidentielle de 2008, Mike Huckabee, demande à ce que les personnes responsables des fuites soient punies sévèrement. « Quiconque au sein de notre gouvernement a divulgué cette information est coupable de trahison, et toute punition autre que l'exécution serait trop gentille », a-t-il déclaré.

« Ils ont mis des vies américaines en danger. Ils ont mis en danger des relations qui ont pris des décennies à bâtir. [...] Quiconque avait accès à ce niveau d'information comprend quelles sont les règles et ils se sont engagés, sous serment, à ne pas les violer. Ils l'ont fait », a déclaré M. Huckabee au site internet Politico.

Bradley ManningAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bradley Manning

Photo : La Presse canadienne / AP Photo

Pour l'heure, Julian Assange n'est pas accusé de quoi que ce soit relativement aux fuites diffusées par WikiLeaks.

L'homme qui est soupçonné d'avoir copié les notes diplomatiques qui font couler beaucoup d'encre depuis la fin de semaine, le spécialiste du renseignement militaire Bradley Manning, est cependant détenu depuis six mois aux États-Unis.

Manning, 23 ans, a été arrêté en juillet et est accusé de s'être illégalement procuré une vidéo de l'armée montrant un raid d'hélicoptère américain en Irak, dans lequel une douzaine de personnes avaient trouvé la mort en 2007. Il est passible de 52 ans de prison.

Une ancienne responsable du Pentagone pour les administrations Nixon, Ford et Reagan, Kathleen McFarland, a également appelé à la peine capitale à son encontre sur les ondes de Fox News.

« Accusons-le et faisons-lui un procès pour trahison. S'il est reconnu coupable, il devrait être exécuté », a-t-elle déclaré.

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

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