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Un des documents révélés par WikiLeaks sur le Canada concerne Omar Khadr

Vidéo d'un interrogatoire d'Omar Khadr

Vidéo d'un interrogatoire d'Omar Khadr

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada

Dans la foulée des révélations par WikiLeaks de dizaines de milliers de documents sur la diplomatie américaine, des documents sur le Canada ont attiré l'attention des médias, lundi.

Le New York Times a mis en ligne le compte rendu d'une discussion portant sur la lutte au terrorisme, qui s'est tenue en 2008 entre le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) de l'époque Jim Judd et le conseiller du département d'État Jared Cohen.

Les deux hommes ont notamment discuté de vidéos montrant des interrogatoires menés par le SCRS auprès du jeune Canadien Omar Khadr, qui étaient sur le point d'être divulguées. La vidéo montrerait trois adultes interrogeant un enfant qui avait éclaté en sanglots, avait indiqué M. Judd.

Rappelons qu'Omar Khadr, qui a depuis été reconnu coupable de terrorisme par un tribunal d'exception américain, était alors détenu sur la base américaine de Guantanamo en attente de son procès.

Les images allaient entraîner une recrudescence des pressions en faveur de son rapatriement, dit M. Judd, qui prédit d'ailleurs que le premier ministre Stephen Harper ne cédera pas aux pressions. La vidéo susciterait également « une montée du sentiment antiaméricain » ainsi qu'un « outrage moral mené à son paroxysme, une spécialité canadienne », selon les termes utilisés par le dirigeant du SCRS.

Au cours de la discussion, M. Judd affirme aussi que les Canadiens et leurs tribunaux ont une vision du monde « à la Alice au pays des merveilles ». Il faisait référence à un récent jugement canadien qui invalidait les certificats de sécurité.

Le directeur du SCRS de l'époque se plaint par ailleurs de l'impact négatif qu'ont certaines décisions des tribunaux canadiens sur le travail de son agence. Il dit que les défis légaux sont en train de devenir une « distraction » qui pourrait avoir un sérieux « effet refroidissant » sur les responsables des services de renseignements canadiens.

M. Judd explique qu'à cause de ces obstacles légaux, il serait de plus en plus difficile de déceler et de prévenir les menaces terroristes qui pesaient sur le Canada.

Lorsque les deux hommes abordent la question de l'Iran, M. Judd se dit « très très inquiet » à propos de ce pays. Il révèle à son interlocuteur américain que le SCRS a été en communication avec le service de renseignement iranien, et que celui-ci s'est dit prêt à collaborer par rapport aux problèmes en Afghanistan, et qu'il était notamment prêt à échanger des informations concernant d'éventuelles attaques. Le directeur du SCRS se montre toutefois sceptique, considérant qu'il est certain que « les Iraniens veulent que la Force de sécurité internationale en Afghanistan saigne... lentement ».

Un autre document concernant le Canada a déjà été publié. Il fait état d'une rencontre à Kandahar entre le représentant du Canada et le gouverneur de la province, qui s'interroge sur la pertinence de tenir des élections et se défend d'être un trafiquant de drogue.

Des centaines de documents encore à venir

Tableau montrant les régions du pays où des notes diplomatiques ont été émises

En tout, plus de 2000 documents concernant le Canada devraient être rendus publics vers la fin de la semaine.

On sait que des 251 287 documents reçus, plus de 2000 proviennent de l'ambassade américaine à Ottawa et des différents consulats au pays.

Ces documents devraient révéler les tensions qui existent entre le Canada et les États-Unis et aborder des questions comme le terrorisme et l'Afghanistan. Il y serait également question des liens entre Ottawa, Haïti et la Syrie, du contrôle des armes à feu et des relations avec les provinces.

L'ex-premier ministre Paul Martin ainsi que Stephen Harper devraient y être mentionnés.

Toutefois, le Canada ne devrait pas être parmi les plus touchés par cette fuite, à en croire une carte du quotidien britannique The Guardian, l'un des médias ayant obtenu les documents.

Même si la grande majorité des documents ne sont pas encore connus, le gouvernement canadien estime que la publication de milliers de documents sur la diplomatie américaine menace la sécurité nationale.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a déclaré dimanche que « ce genre de fuites irresponsables est déplorable et ne sert pas les intérêts nationaux de personne. Leurs auteurs risquent de menacer notre sécurité nationale. »