•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Législatives sous le signe de violences

Des partisans des Frères musulmans crient des slogans contre le gouvernement en cette journée d'élections législatives.

Des partisans des Frères musulmans crient des slogans contre le gouvernement en cette journée d'élections législatives.

Photo : AFP / Nasser Nasser

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche matin pour un premier tour en Égypte dans le cadre des élections législatives, où on prévoit sans surprise que la majorité ira au Parti national démocratique (PND) du président Hosni Moubarak.

De nombreuses violences ont éclaté entre partisans de différents candidats dans plusieurs villes du pays. On dénombrait de nombreuses manifestations houleuses. Un partisan a été blessé par balle près de Mansourah, dans le delta du Nil. Le fils de 24 ans d'un candidat a aussi été poignardé à mort dans la nuit de samedi à dimanche.

La famille d'Omar Sayyed Sayyed assure que son assassinat est en lien avec ses activités politiques, mais la police affirme qu'il s'agirait d'une dispute d'ordre privé. Elle a d'ailleurs arrêté les deux agresseurs qui ont expliqué que Sayyed tentait de séduire la soeur de l'un d'eux.

Le nombre de sièges au Parlement passe de 454 à 518, les 64 sièges supplémentaires étant réservés aux femmes.

Les forces de l'ordre auraient empêché des journalistes et photographes étrangers d'accéder à de nombreux bureaux de vote sous des motifs divers, alors qu'ils y avaient droit selon les règles encadrant les médias.

Deux femmes passent devant une affiche contre les Frères musulmans, devant une école d'Alexandrie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Deux femmes passent devant une affiche contre les Frères musulmans, devant une école d'Alexandrie.

Photo : AFP / Khaled Desouki

Les électeurs semblaient peu motivés à voter avec les accusations d'irrégularités qui fusent et la domination prévue du PND. Le parti de Moubarak est au pouvoir depuis près de 30 ans. Le président a promis que les élections seraient libres et régulières.

« Dès le tout début du vote, il y a eu toute une série d'irrégularités et une utilisation de la force qui menacent le processus électoral », a pourtant relevé la Coalition égyptienne pour la surveillance des élections.

Il y aurait aussi eu des agressions « contre des candidats, leurs représentants ou des journalistes » par les forces de l'ordre, d'après la Coalition indépendante pour l'observation, une autre ONG.

« Sortir le vote » s'avère difficile

À Alexandrie, deuxième ville en importance du pays, les électeurs ne se bousculaient pas aux portes des bureaux de scrutin gardées pas des policiers en civil. « Pas le temps de voter, a affirmé à l'AFP un jeune vendeur à la course, Mohammed Hilal. J'ai autre chose à faire. »

Un chauffeur de taxi a comparé les élections à sa situation domestique. Le PND et les législatives, « c'est comme avec ma femme, a lancé en rigolant Gamal Saïd; j'aime le poisson, je lui dis d'en faire, elle dit "oui oui" et puis elle fait autre chose! Alors je ne voterai pas. Je n'y crois pas. Ça ne sert absolument à rien. »

Une femme de 50 ans assure au contraire qu'elle votera. Rasmiya Abdel Hadi prévoit donner son vote à un candidat indépendant soutenu par l'organisation des Frères musulmans, parce que ce médecin « représente nos intérêts et qu'il soigne les gens gratuitement ».

Les Frères musulmans puissants

Bien que leur organisation soit interdite, les Frères musulmans sont tolérés en Égypte depuis leur création en 1929. Ils demeurent des radicaux qui rejettent l'Occident et prônent un État islamique où régnerait la charia.

Les Frères musulmans ont clamé être victimes d'arrestations et d'intimidation du gouvernement depuis quelques semaines. Ils soutiennent 130 candidats « indépendants » pour ces élections.

Le PND veut à tout prix laminer la représentation parlementaire de la confrérie islamiste. Lors des élections de 2005, les Frères musulmans ont obtenu un cinquième des sièges.

Les États-Unis ont échoué dans leur tentative de placer des observateurs internationaux, le parti de Moubarak refusant toute tentative d'ingérence.

Quarante millions d'Égyptiens disposent du droit de vote, sur une population de 82 millions de personnes. Le deuxième tour des élections aura lieu le 5 décembre.

Les électeurs font valider leur carte d'identité avant d'aller voter.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les électeurs font valider leur carte d'identité avant d'aller voter.

Photo : AFP / Khaled Desouki

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Le Monde

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !