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WikiLeaks donne des maux de tête à Washington

Page d'accueil du site Internet WikiLeaks
Page d'accueil du site Internet WikiLeaks Photo: AFP / Joe Raedle/Getty Images

Le département d'État américain prévient ses alliés, dont le Canada, que la publication annoncée d'une série de notes diplomatiques par le site Internet WikiLeaks va « créer des tensions dans les relations entre nos diplomates et nos amis dans le monde ».

« Nous nous préparons au pire scénario », a déclaré à l'Agence France Presse un porte-parole du département d'État, P.J. Crowley, qui a précisé que la diplomatie américaine ne savait pas exactement ce qui allait être publié.

Plus tôt cette semaine, WikiLeaks a annoncé sur Twitter qu'il diffusera d'ici peu des documents sept fois plus volumineux que sa dernière livraison, qui contenait pas moins de 400 000 pièces portant sur la guerre en Irak.

« Nous savons depuis le début que WikiLeaks a en sa possession des câbles du département d'État », a indiqué M. Crowley. Ces câbles, ajoute-t-il, « comprennent des discussions que nous avons avec des responsables gouvernementaux et des citoyens. »

« Ces révélations sont néfastes pour les États-Unis et leurs intérêts », ajoute M. Crowley. « Nous sommes en contact avec nos postes dans le monde, qui ont commencé à informer les gouvernements que la publication de documents était possible dans un avenir proche. »

À Ottawa, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Melissa Lantsman, a confirmé mercredi que l'ambassadeur américain au Canada, David Jacobson, avait téléphoné au ministre Lawrence Cannon pour l'informer de la situation.

L'ambassade canadienne à Washington, dit-elle, travaille avec le département d'État dans ce dossier.

Personne ne connaît pour l'heure la nature des informations contenues dans les documents qui seront publiés. Selon La Presse canadienne, elles pourraient notamment jeter un éclairage sur les pressions exercées par Washington sur divers pays pour qu'ils acceptent des prisonniers détenus à la prison militaire américaine de Guantanamo Bay.

Nul ne sait cependant si des documents porteront spécifiquement sur les discussions que les États-Unis et le Canada ont pu avoir au sujet d'Omar Khadr, que le gouvernement du Canada a toujours refusé de rapatrier. Des documents pourraient aussi porter sur le rôle des militaires canadiens en Afghanistan.

Selon Reuters, qui cite « des sources proches des documents », les notes diplomatiques vont révéler des cas de corruption susceptibles d'embarrasser d'autres gouvernements, dont ceux de Russie, d'Afghanistan, de plusieurs républiques d'Asie centrale, mais aussi d'Europe et d'Asie.

L'agence de presse britannique soutient que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a déjà autorisé le New York Times, le quotidien britannique The Guardian, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel et les quotidiens français et espagnol Le Monde et El Pais à consulter les notes.

Les trois premiers, dit-elle, s'efforcent de coordonner leurs publications sur le sujet. On ignore cependant les intentions des deux autres titres.

P.J. Crowley a fait savoir mercredi que le département d'État et le département de la Défense ont mis sur pied des groupes de travail qui seront chargés d'analyser les fuites après leur publication.

Depuis le début de l'année, WikiLeaks a publié une série de documents compromettants sur la guerre en Afghanistan, et une autre sur la guerre en Irak.

Avec les informations de Agence France-Presse, La Presse canadienne, et Reuters