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Danny Williams quitte la politique

Danny Williams

Le premier ministre Danny Williams annonçant sa démission.

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Radio-Canada

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, quitte la politique provinciale. Il démissionnera le 3 décembre.

Cela laisse suffisamment de temps à son parti pour choisir un nouveau chef. Les prochaines élections provinciales auront lieu en octobre 2011. Entre-temps, Kathy Dunderdale exercera les fonctions de première ministre.

La semaine dernière, M. Williams a annoncé avec son homologue néo-écossais une entente pour la réalisation du projet hydroélectrique du bas Churchill, au Labrador. Il parlait de cet accord comme du plus grand héritage qu'il laisserait à la province. C'était le dernier but important à atteindre qu'il s'était fixé au début de sa carrière politique.

Danny Williams explique que la conclusion de cette entente l'a convaincu que le moment était venu pour lui de se retirer.

En annonçant son départ, jeudi à l'Assemblée législative, il a expliqué que sa province a connu un regain de fierté ces dernières années. Il a souligné que des Terre-Neuviens qui voyaient autrefois leur province comme le parent pauvre de la Confédération la voient maintenant comme une province en mouvement.

Au cours des dernières années, son gouvernement s'est entendu avec les pétrolières pour que la province soit l'un des actionnaires des nouveaux projets pétroliers. Grâce aux revenus pétroliers, Terre-Neuve-et-Labrador a cessé d'obtenir des paiements de péréquation.

Danny Williams a longtemps tenu tête au gouvernement fédéral. Il avait notamment fait retirer le drapeau canadien des édifices provinciaux en guise de protestation contre la formule de partage des redevances pétrolières, à l'époque du gouvernement libéral de Paul Martin. Aux dernières élections fédérales, M. Williams a mené une campagne contre les conservateurs de Stephen Harper pour des raisons similaires.

Stephen Harper a d'ailleurs salué en lui « une force dominante dans la vie politique de Terre-Neuve-et-Labrador ».

Défenseur infatigable de la population de Terre-Neuve-et-Labrador, M. Williams a beaucoup accompli au cours des sept années où il a été premier ministre.

Stephen Harper

Dalton McGuinty, premier ministre de l'Ontario, a souligné qu'il admirait la passion, la fierté et la détermination de Danny Williams.

Danny Williams a aussi connu des difficultés. Il mène une bataille contre le Québec, une province avec laquelle il n'a pu s'entendre en matière d'hydroélectricité. Le gouvernement Williams a du mal à gérer le système des soins de santé, qui a connu un scandale à la suite d'erreurs de tests de cancer du sein.

Danny Williams s'était vivement opposé au projet de vente d'actifs de la société d'énergie du Nouveau-Brunswick à Hydro-Québec. L'ancien premier ministre Shawn Graham, qui caressait ce projet, ne lui en veut pas. Il dit que les premiers ministres doivent défendre les intérêts de leurs concitoyens, que M. Williams est un ami personnel et qu'ils ont travaillé ensemble dans plusieurs dossiers.

Danny Williams est le chef du Parti progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador depuis 2001. Il a mené son parti à la victoire électorale en 2003. Son gouvernement a été reporté au pouvoir en octobre 2007.

M. Williams est âgé de 60 ans. Il a subi une chirurgie cardiaque au début de l'année, en Floride. Il a ensuite repris peu à peu ses fonctions de premier ministre.

Québec souhaite un dialogue plus constructif

De passage à Paris, le premier ministre québécois a salué son homologue, malgré les relations conflictuelles entre Québec et Terre-Neuve-et-Labrador. « M. Williams avait des opinions très tranchées sur la relation entre Terre-Neuve-Labrador et Hydro-Québec en particulier. On les a entendues, ses opinions. Mais cela étant dit, il a servi, je pense, avec beaucoup de sincérité sa population et je lui souhaite beaucoup de chance pour l'avenir », a déclaré Jean Charest.

À Québec, la vice-première ministre et ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau a aussi tenu à lui souhaiter une excellente retraite. « Je pense qu'on doit tous admettre que c'est un homme qui a toujours défendu [...] avec conviction, passion et vigueur les intérêts de ses citoyens » a-t-elle reconnu.

Elle n'a pas caché que Québec avait souvent entretenu des relations difficiles avec le gouvernement Williams. « On ne peut pas nier que les propos de Danny Williams sont venus nous choquer, sont venus heurter notre sensibilité, et une sensibilité importante et profonde de la part des Québécois, on ne peut pas le nier, ça. »

Mme Normandeau espère maintenant que Québec pourra développer de meilleures relations avec son voisin. « On souhaite, parce qu'il y aura une élection à Terre-Neuve l'automne 2011, que [...] le climat change », a-t-elle dit. « On souhaiterait pouvoir dialoguer de façon plus constructive avec Terre-Neuve. »

« Contrairement peut-être à ce qu'a pu laisser entendre M. Williams, nous on croit que c'est possible de convenir d'entente avec nos voisins, et c'est possible au fond de construire un fédéralisme de coopération avec nos différents partenaires », a encore dit la vice-première ministre québécoise.

Avec les informations de La Presse canadienne