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Des élections haïtiennes critiquées et fragilisées par le choléra

Un travailleur sanitaire est désinfecté, à Port-au-Prince, le 22 novembre 2010.

Un travailleur sanitaire est désinfecté, à Port-au-Prince, le 22 novembre 2010.

Photo : AFP / Hector Retamal

Radio-Canada

À quatre jours des élections en Haïti, le directeur du registre électoral haïtien met en doute l'intégrité du processus électoral, tandis qu'un cinquième candidat à la présidence, Michel Martelly, vient joindre sa voix à ceux qui critiquent l'idée de maintenir les élections en Haïti, frappé par une épidémie de choléra.

Philippe RJ Augustin, le directeur du registre électoral national haïtien, dit craindre des fraudes généralisées lors des élections de dimanche, en raison, notamment, des risques de corruption liés à la pauvreté des Haïtiens.

Je ne suis pas sûr que les 33 000 membres des bureaux de vote soient intègres, dans un pays qui est pauvre.

Philippe RJ Augustin, directeur du registre électoral national haïtien

Le directeur du registre croit aussi qu'il est possible de détourner le système selon lequel chaque électeur, après son vote, se voit apposé sur un doigt de l'encre indélébile pour s'assurer qu'il ne puisse pas voter une deuxième fois.

Michel Martelly, chanteur très populaire en Haïti et l'un des candidats favoris à la présidence, est le cinquième candidat sur les 18 en lice à se prononcer en faveur d'un report des élections, en raison de la crise sanitaire.

Moi, si j'étais le chef de l'État, là, maintenant, j'aurais renvoyé ces élections, justement pour protéger la population.

Michel Martelly

Quatre autres candidats, Josette Bijou, Gérard Blot, Garaudy Laguerre et Wilson Jeudy, avaient déjà demandé le report des élections samedi dernier, pour que les autorités consacrent toute leur énergie à combattre l'épidémie de choléra.

Des organisateurs des élections vérifient les cartes d'identifications des électeurs, le 19 novembre 2010, à Port-au-Prince.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des organisateurs des élections vérifient les cartes d'identifications des électeurs, le 19 novembre 2010, à Port-au-Prince

Photo : AFP / Hector Retamal

D'autres candidats souhaitent au contraire que les élections soient tenues comme prévu vendredi. C'est le cas de la candidate Mirlande Manigat, l'une des grandes favorites de la course, aux côtés de Jude Célestin, le protégé de l'actuel président René Préval. Elle estime que les Haïtiens « veulent le changement » et que « le choléra en lui-même ne devrait pas empêcher l'élection ».

Maintenir les élections pour ne pas compromettre la reconstruction

La communauté internationale ne serait pas prête à accepter un report des élections, estime Nigel Fisher, le coordonnateur des Nations unies pour l'aide humanitaire en Haïti. Selon lui, l'épidémie se développe « de plus en plus vite ». Les Nations unies jugent d'ailleurs que le cap des 200 000 cas pourrait être franchi dans trois mois.

Cette thèse vient renforcer l'idée qu'il convient de maintenir les élections, puisqu'il n'y aurait pas de « bon moment », à court terme, pour les remettre à l'ordre du jour.

Si on n'a pas d'élections maintenant, alors quand? Je pense que pendant les 12 mois qui viennent, on aura du choléra.

Nigel Fisher, coordonnateur de l'ONU pour l'aide humanitaire en Haïti
Le premier ministre haïtien Jean-Max BelleriveAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive

Le premier ministre Jean-Max Bellerive croit aussi qu'il est important de conserver les élections. Selon ses observations, plusieurs présument que les pays donateurs dépensent frileusement l'argent promis pour la reconstruction d'Haïti en attendant l'issue des élections pour véritablement honorer leur promesse.

« C'est le sentiment qu'on a, et il y a une certaine impatience qui s'installe. D'autant plus que certaines personnes ont une compréhension que cette lenteur, dans certains cas, est due, peut-être, à un certain attentisme : [la communauté internationale veut] connaître les résultats des élections, savoir ce qui va venir après », explique le premier ministre.

Besoin urgent d'infirmières et de médecins

La sous-secrétaire générale de l'ONU pour les affaires humanitaires, Valérie Amos, a lancé un cri d'alarme, mardi soir, au cours d'une visite à Port-au-Prince pour évaluer l'ampleur des besoins en aide supplémentaires. « Nous avons clairement besoin de faire plus », a-t-elle déclaré.

Ce n'est pas une simple question d'argent. C'est une question cruciale de personnel, en termes de davantage de médecins, d'infirmières, de personnes qui peuvent aider en faisant prendre conscience et en informant les gens ici.

Valérie Amos, sous-secrétaire générale de l'ONU pour les affaires humanitaires

Selon le dernier bilan, publié mardi, le choléra a fait jusqu'à maintenant 1415 morts, et a entraîné l'hospitalisation de plus de 25 000 personnes.

Mme Amos estime que l'épidémie n'a pas encore atteint son apogée.

Une Haïtienne et son fardeau devant des affiches électorales du candidat Jude Celestin, le 23 novembre 2010, à Petion-Ville.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une Haïtienne et son fardeau devant des affiches électorales du candidat Jude Celestin, le 23 novembre 2010, à Petion-Ville.

Photo : AFP / Thony Belizaire

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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