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Le SIDA commence à perdre du terrain

Le directeur général d'ONUSIDA, Michel Sidibé, présente le rapport 2010 de l'organisme, à Genève le 23 novembre 2010.

Le directeur général d'ONUSIDA, Michel Sidibé, présente le rapport 2010 de l'organisme, à Genève le 23 novembre 2010.

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Anja Niedringhaus

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les nouvelles infections au VIH ont baissé de 19 % depuis 1999 et 56 pays ont réussi à stabiliser, voire diminuer, leur taux d'infection. C'est ce qui ressort du rapport annuel du Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) rendu public mardi à Genève.

« Nous pouvons dire avec certitude et conviction que nous avons brisé la trajectoire de la pandémie du SIDA », a déclaré le directeur général d'ONUSIDA Michel Sidibé devant la presse à Genève.

Moins de gens sont contaminés. Moins de gens meurent.

Michel Sidibé, directeur général d'ONUSIDA

Le nombre de nouvelles infections dans le monde s'est établi à 2,6 millions en 2009, contre 3,1 millions en 1999. Une baisse qui a dépassé 25 % entre 2001 et 2009 dans 33 pays, dont 22 en Afrique subsaharienne.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrit cette région du monde comme « l'épicentre de la pandémie » parce qu'ils s'y concentrent près de 70 % de tous les cas. L'ONUSIDA constate toutefois que les plus importantes épidémies en Afrique subsaharienne, en Éthiopie, au Nigeria, en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe, « se sont stabilisées ou sont en baisse ».

Parallèlement, le nombre de décès liés au SIDA enregistrés annuellement dans le monde continue à baisser, passant d'un pic de 2,1 millions en 2004 à 1,8 million en 2009.

Selon le rapport, ces chiffres « reflètent la mise à disposition croissante de thérapies antirétrovirales, ainsi que des soins et des soutiens pour les populations vivant avec le SIDA, particulièrement dans les pays à moyen et bas revenus ». Pour l'Afrique seulement, l'accès à la tri-thérapie a permis de sauver environ 320 000 vies entre 2004 et 2009, estime l'organisme.

Si dix millions de personnes attendent toujours des traitements, plus de 5,2 millions de patients y ont maintenant accès alors qu'ils n'étaient que 700 000 en 2004.

L'analyse des données régionales montre toutefois des disparités. En Europe de l'Est et en Asie centrale, l'épidémie de VIH/SIDA a fortement progressé, passant de 760 000 personnes infectées en 2001 à quelque 1,4 million en 2009.

En Amérique du Nord et en Europe occidentale, « l'épidémie est loin d'être terminée », a rappelé Michel Sidibé, déplorant un relâchement dans la prévention, notamment chez les jeunes. « Une nouvelle génération perd complètement le sens de l'urgence à se protéger », a-t-il souligné.

Malgré des données d'ensemble encourageantes, l'ONUSIDA refuse de crier victoire. « En 2009, la croissance des investissements dans la riposte au sida a ralenti pour la première fois », avertit M. Sidibé.

Si 15,9 milliards de dollars ont été mis à la disposition de la lutte contre le sida en 2009, il manque dix milliards sur les quelque 26 milliards nécessaires pour couvrir les besoins en 2010, déplore ONUSIDA.

Réactions aux propos du pape

Michel Sidibé a salué les propos de Benoît XVI qui, dans un livre-entretien à paraître, a admis l'usage du préservatif « dans certains cas », jugeant que cette annonce est « significative et positive », pour des pays comme le Brésil en particulier.

« L'évidence scientifique (de l'efficacité du préservatif) ne suffit pas pour produire le changement social. Ce qui est indispensable, c'est cette référence morale, c'est le pape, ce sont les chefs de la religion musulmane », a-t-il ajouté.

Environ 30 millions de personnes sont mortes du sida depuis l'apparition de la maladie dans les années 1980 et 60 millions de personnes ont été contaminées.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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