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Les Québécois veulent que l'euthanasie soit légalisée

Les Québécois veulent la légalisation de l'euthanasie.

Les Québécois veulent la légalisation de l'euthanasie.

Photo : Istock

Radio-Canada

Lorsqu'on demande aux Québécois s'ils sont favorables à ce qu'un projet de loi légalisant l'euthanasie soit adopté, 83 % d'entre eux répondent par l'affirmative. Par contre, seulement 34 % le souhaiterait pour eux-mêmes ou pour un membre de leur famille.

C'est ce qui ressort d'une grande enquête menée par la firme CROP pour le compte de Radio-Canada et dévoilée dimanche. Ce sondage survient au moment même où la Commission spéciale sur la question mourir dans la dignité poursuit ses audiences au Québec.

Sondage

On constate toutefois des variations plus ou moins grandes en fonction des groupes de répondants.

« De façon générale, sur l'ensemble des questions, les hommes sont plus ouverts sur le sujet de l'euthanasie que les femmes », affirme Sylvain Gauthier, vice-président chez CROP. En effet, ils sont 86 % à appuyer la légalisation contre 80 % chez les femmes.

Chez les non-francophones, le pourcentage des gens qui refusent la légalisation de l'euthanasie grimpe à 30 %. Ils ne sont que 13 % chez les francophones.

« C'est aussi une question de langue et de culture. Sans généraliser, les anglophones et les allophones sont traditionnellement caractérisés par des valeurs plus conservatrices que les francophones », explique M. Gauthier.

À noter qu'il y a peu de différences entre Montréal et les régions. De façon constante, et à quelques exceptions près, les répondants partagent les mêmes opinions qu'ils soient d'une grande ville ou d'un milieu rural. C'est en Mauricie que l'on constate le plus haut taux d'appui à la légalisation.

La question de l'euthanasie reste malgré tout très théorique pour les répondants puisque 85 % d'entre eux affirment n'avoir jamais été confrontés à ce type de décision.

Sondage

Un encadrement étroit

Les Québécois sont donc d'accord pour légaliser l'euthanasie, mais de façon très encadrée. Lorsqu'on leur demande si des règles claires devraient être définies dans la Loi, plus de 90 % des personnes interrogées se disent « en accord ».

On ne voit pas de différence à ce chapitre entre les groupes de répondants, que ce soit les hommes ou les femmes, les francophones et les non-francophones, les « urbains » et les « ruraux ».

Sondage

Avoir le choix

Si la situation se présentait, les Québécois souhaiteraient-ils l'euthanasie pour eux-mêmes ou pour leurs proches?

Les résultats sont loin de faire l'unanimité. Seulement 34 % d'entre eux affirment qu'ils voudraient recourir à l'euthanasie si un membre de leur famille ou eux-mêmes était en phase terminale, sans aucune chance de guérison.

Par contre, 29 % des gens interrogés préféreraient la poursuite des soins palliatifs, qui soulagent le malade, mais ne visent pas sa guérison. Cette proportion est légèrement inférieure, mais l'écart n'est pas si grand.

De plus, 24 % des répondants demanderaient un arrêt de traitement dans une situation semblable. Cette position ambivalente, qui équivaut à l'accélération de la mort, mais de façon naturelle, souligne la grande difficulté de ce débat sur l'euthanasie.

À noter qu'une petite partie de la population, 11 %, exigerait la continuation des traitements médicaux, même en phase terminale. C'est une position que plusieurs qualifient « d'acharnement thérapeutique ».

Sondage

Ce sont encore une fois les hommes qui auraient davantage recours à l'euthanasie alors que ce choix n'arriverait qu'en deuxième place pour les femmes. Elles lui préféreraient l'obtention de soins palliatifs.

Chez ceux qui sont contre

Plusieurs raisons sont évoquées par les quelque 16 % de répondants qui s'opposent la légalisation de l'euthanasie. La plus courante? La crainte de l'abus.

On ne sait pas jusqu'où ça va nous mener. Peut-être qu'on va se mettre à tuer tout le monde pour des maladies bénignes.

Il va y avoir beaucoup d'abus, par exemple pour se débarrasser des personnes âgées.

Il y a des gens qui vont s'en servir sans en avoir de besoin.

La religion arrive en deuxième place parmi les raisons invoquées pour refuser la légalisation de l'euthanasie.

C'est Dieu qui donne la vie et c'est lui qui l'enlève. On n'a pas à décider quand notre vie se termine.

Je pratique ma religion et ce n'est pas permis dans la religion de mettre fin à nos jours.

Les autres raisons incluent le respect de la vie et le fait que l'euthanasie est vue comme un meurtre. On évoque le respect du destin ou encore l'évolution de la science pour soulager les souffrances.

Les résultats du sondage reposent sur 2200 entrevues téléphoniques effectuées du 5 au 15 novembre 2010. La marge d'erreur est de 2,1 %, 19 fois sur 20.

Lundi, la suite du sondage CROP/Radio-Canada sur la question de l'euthanasie sera dévoilée.