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Pat Burns, plus qu'un entraîneur

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Aujourd'hui, avec le départ de Pat Burns, je vous parle avec beaucoup de tristesse. C'est un homme que j'aurais aimé connaître davantage. Pat me fascinait pour son côté authentique.

Un Pat Burns, il y en avait juste un. Il était unique, il travaillait à sa façon. Pour devenir un grand entraîneur, tu dois être authentique. Et il l'était. Quand il te parlait, il te regardait dans les yeux et tu devais le regarder.

En apprenant son décès, j'ai immédiatement pensé à une vieille déclaration de Pat. Il avait déjà fait référence à un congédiement d'un entraîneur de la façon suivante : « On est comme des chasseurs qui sautent dans un avion et qui s'en vont au combat. On sait qu'on part, mais on ne sait pas lequel d'entre nous va se faire abattre. On sait que les chances sont fortes de voir un de nous partir. »

Aujourd'hui, le chasseur qui ne revient pas, c'est Pat.

On est toujours triste en apprenant la perte d'un homme de la confrérie du hockey, mais je le suis encore plus pour Pat.

Il a dit plusieurs choses qui m'ont marqué, il parlait avec ses tripes. Pour moi, c'est la seule manière d'entraîner.

Pat Burns derrière le banc du Canadien en 1989
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Pat Burns derrière le banc du Canadien en 1989

Photo : La Presse canadienne / Shaney Komulainen

Une des choses que j'ai retenues de Pat, c'est qu'il exigeait énormément de ses joueurs. C'est pour cette raison qu'il a soutiré le meilleur de ses joueurs. Il en obtenait plus que la majorité des entraîneurs. Il était plus exigeant et insistant, il ne faisait pas beaucoup de compromis.

Je me souviens d'une de ses déclarations après un match à Toronto. Il avait dit que pour avoir du succès ses joueurs devaient accepter de se laisser entraîner. Il aimait jouer avec ses trios, ses combinaisons de défenseurs. Il déplaisait à certains gars en les sortant de leur zone de confort.

Il avait le don de déstabiliser l'athlète au bon moment. Il le faisait pour le bien de son équipe.

On retient aussi son caractère bouillant, son côté policier. Il l'était, mais il était plus que ça.

Pat avait de la difficulté à vivre avec la rancoeur. Après un argument avec un joueur, c'était terminé. Il ne comprenait pas pourquoi certains joueurs lui en voulaient après une discussion musclée. Pour lui, la rancoeur, ça n'existait pas.

Une aberration

Pat a gagné trois fois le trophée Jack-Adams avec trois équipes différentes. C'est un fait d'armes remarquable.

Ça me fait dire que dans son cas, on ne pouvait pas dire qu'il était chanceux et qu'il arrivait à la bonne place. Il l'a fait à trois endroits différents. Il avait une vision et il gagnait avec ce qu'il avait sous la main.

Pour cette simple raison, Pat devrait déjà avoir sa place au Temple de la renommée du hockey.

Ça me choque de voir qu'il n'a pas fait son entrée de son vivant. C'est une preuve que le système en place n'a pas de jugement. Pat est un choix logique pour le temple.

Il y sera un jour, c'est assuré. Il l'apprendra de l'autre côté.

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