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Sylvain Lafrance s'explique

Sylvain Lafrance
Sylvain Lafrance au palais de justice de Montréal
Radio-Canada

Lors du procès qui oppose le PDG de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, à Sylvain Lafrance, vice-président des Services français de Radio-Canada, ce dernier a expliqué jeudi, au palais de justice de Montréal, son utilisation du mot « voyou ». Le président de Quebecor réclame 700 000 $ pour atteinte à sa réputation.

Interrogé en matinée par l'avocat de Radio-Canada, Sylvain Lafrance a dit qu'il n'avait pas traité M. Péladeau de « voyou », mais que c'était son comportement qu'il avait ainsi qualifié. Aussi, il avait utilisé une telle analogie dans des entrevues pour décrire le comportement d'un président d'entreprise dans un contexte donné, ce qu'il considère comme approprié.

Il s'est justifié en disant que Quebecor brisait à ce moment-là des règles de fonctionnement du Fonds canadien de télévision en cessant de verser ses contributions.

Plus tard, en contre-interrogatoire, les avocats de Pierre Karl Péladeau ont fait ressortir que Sylvain Lafrance s'était attaqué spécifiquement à Vidéotron, alors qu'un autre câblodistributeur, Shaw, s'était aussi retiré à cette époque du Fonds. Ils soutiennent ainsi qu'il y avait ainsi eu deux poids deux mesures dans le traitement médiatique.

La poursuite a aussi fait ressortir que Sylvain Lafrance a sciemment utilisé le mot « voyou » pour faire croire que Pierre Karl Péladeau et Quebecor agissaient illégalement, alors que c'était faux.

Techniquement, la règle de fonctionnement faisait en sorte que les câblodistributeurs versaient leurs paiements mensuellement, alors que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) exigeait un paiement complet sur une base annuelle avant le mois d'août.

Enfin, les avocats de Quebecor ont affirmé que Vidéotron avait repris ses paiements, mais Sylvain Lafrance s'est défendu en disant qu'il ne savait pas à l'époque que c'était l'incertitude qui avait créé la crise. Il a ajouté que cette incertitude était partagée par les producteurs et l'industrie indépendante de la production télévisuelle.

Le contre-interrogatoire de Sylvain Lafrance sera complété vendredi et les plaidoiries suivront à compter de lundi.

D'après Francine Plourde et Isabelle Richer