•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Duchesneau s'en remet au jugement du DGE

L'ex-chef de police, Jacques Duchesneau
L'ex-chef de police, Jacques Duchesneau
Radio-Canada

« Choqué », l'ex-chef de police Jacques Duchesneau réfute les allégations de financement douteux qui le forcent à quitter temporairement ses fonctions à la tête de l'unité anticollusion de Transports Québec.

Selon ces allégations, Jacques Duchesneau aurait demandé à des collaborateurs de servir de prête-noms pour financer une campagne électorale qu'il avait menée, en 1998, sur la scène municipale montréalaise.

Je n'ai jamais demandé à qui que ce soit d'agir comme prête-nom pour dissimuler un emprunt.

Jacques Duchesneau, ancien chef de police de la Ville de Montréal

Cette histoire incite Jacques Duchesneau à se retirer temporairement de ses fonctions de chef de l'unité anticollusion au ministère des Transports du Québec. Jacques Duchesneau demande en outre au directeur général des élections (DGE) de s'emparer de cette affaire.

À l'Assemblée nationale, le ministre des Transports, Sam Hamad, a confirmé jeudi que l'ancien chef de police quittait temporairement ses fonctions « pour lui permettre de s'expliquer et pour permettre aux opérations de l'unité anticollusion de faire son travail ».

Une crise qui remonte à 1999

Il s'agit d'une nouvelle crise pour le gouvernement libéral de Jean Charest. Et cette crise tire son origine d'événements qui se seraient produits en 1999.

Cette année-là, Jacques Duchesneau aurait demandé à un des organisateurs de sa campagne, Gilles Prud'homme, d'agir comme prête-nom pour dissimuler la source d'un prêt à sa formation politique de l'époque, le Parti Nouveau Montréal.

De plus, il est allégué que la formation politique de Jacques Duchesneau avait eu recours à un autre prête-nom pour un prêt de 10 000 $, toujours dans le cadre de cette campagne électorale. En vertu des lois encadrant le financement des partis en campagne électorale, il est illégal de recourir à des prête-noms.

Jacques Duchesneau affirme aujourd'hui que, dans les faits, 18 militants de son parti s'étaient portés garants pour un emprunt contracté en bonne et due forme auprès d'une institution financière.

Rappelons que Jacques Duchesneau avait tenté de devenir maire de Montréal en 1998, mais c'est Pierre Bourque qui l'avait finalement emporté.

L'opposition décoche ses questions

Le député de Gouin, le péquiste Nicolas GirardLe député de Gouin, le péquiste Nicolas Girard

En point de presse jeudi après-midi, le porte-parole du Parti québécois en matière de Transport, Nicolas Girard, a demandé qui allait désormais diriger l'unité anticollusion. « Le ministre? Le sous-ministre? » a-t-il lancé.

Le député de Gouin a également soulevé des doutes quant au suivi des procédures qui ont mené à la nomination de Jacques Duchesneau. « Avant de le nommer à la tête de l'unité anticollusion, est-ce que les vérifications ont été faites auprès de M. Duchesneau, ou a-t-on fait cette nomination rapidement, en catastrophe, pour tenter de diminuer la pression sur la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction? » s'est-il interrogé.

Le député s'est aussi montré troublé par la décision du directeur général des élections (DGE) d'enquêter seulement maintenant sur les allégations se rapportant à M. Duchesneau. « Il y a cinq mois, la porte-parole du directeur général des élections disait qu'elle ne pouvait pas enquêter sur les allégations faites dans le reportage de TVA, en disant que le délai de prescription était passé. On nous dit aujourd'hui qu'il y aura une enquête du DGE. Que s'est-il passé au cours des cinq derniers mois pour que la version change? »

Pour les enquêtes sur la loi électorale, le délai de prescription pour déposer une poursuite est de cinq ans. Or, comme les événements allégués se seraient produits en 1999, ce délai est expiré. Même s'il s'avère que les allégations de prête-noms sont fondées, cela signifie qu'il n'y aura pas de conséquences judiciaires pour M. Duchesneau.

Avec les informations de La Presse canadienne