Un nombre record de Canadiens recourent aux banques alimentaires

La clientèle des banques alimentaires est la première touchée en cas de crise économique, mais elle est aussi la dernière à s'en remettre.
Au Canada, depuis deux ans, la fréquentation des banques alimentaires a connu une hausse de près de 30 %. C'est la nouvelle alarmante qu'a rendue publique, mardi, Banques alimentaires Canada. Cet organisme publie annuellement les résultats de son étude, appelée Bilan-Faim.
En mars dernier (c'est le mois qui est choisi pour comparer la fréquentation des banques alimentaires d'année en année), près de 868 000 Canadiens ont fait appel aux organismes qui donnent des denrées. Il s'agit d'une augmentation de 9 % par rapport à 2009. Et, en deux ans, il s'agit d'une augmentation de presque 30 %. Du jamais vu depuis qu'on compile ces statistiques, soit depuis 1986.
De tous les citoyens qui demandent de l'aide pour manger à leur faim, 40 % sont des enfants et des adolescents.
À Montréal, la demande pour de l'aide alimentaire est en hausse constante
Dans la métropole québécoise, plus de 140 000 personnes fréquentent chaque mois les banques alimentaires. Là aussi, il s'agit d'un record. Car, comparativement à 2009, ce sont 25 000 personnes de plus qui ont eu besoin de ce type d'aide, soit un accroissement de 22 %.
Beaucoup d'enfants ont faim, à en juger par les statistiques rapportées par Moisson Montréal. Le nombre d'enfants aidés à cet égard a bondi de 35 % en un an. Sur l'île de Montréal, plus de 53 000 enfants sont nourris, en partie, par l'entremise d'une banque alimentaire.
Les 213 organismes communautaires qu'approvisionne Moisson Montréal constatent cette hausse de la demande. Ces organismes préviennent qu'ils suffisent difficilement aux besoins. Pour toute solution, ces organismes communautaires sont forcés de réduire la quantité de nourriture offerte aux gens qui font appel à eux.
L'aide alimentaire consiste en des denrées remises dans des sacs de provisions, mais aussi en des repas.
Les familles monoparentales et les personnes seules représentent les deux tiers des personnes aidées à Montréal. 13 % de ces ménages travaillent. D'autres bénéficient des prêts et bourses offerts aux étudiants. Enfin, le nombre de ménages bénéficiant de l'aide sociale et recourant aux banques alimentaires a grimpé de 40 % en un an.

