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  • Exclusif
  • Talisman Energy prise en défaut

    Radio-Canada

    Radio-Canada a appris que l'entreprise albertaine a reçu deux avis d'infraction du ministère de l'Environnement pour avoir entreposé de l'eau contaminée sur un de ses sites à Bécancour.

    Site de forage de Talisman Energy à Sainte-Gertrude

    Radio-Canada a appris qu'une deuxième entreprise qui exploite le gaz de schiste s'est fait prendre en défaut par Québec. Talisman Energy a reçu deux avis du ministère de l'Environnement, à la fin octobre, pour des infractions commises à Bécancour.

    L'entreprise albertaine a utilisé 4 millions de litres d'eau cet été pour effectuer une fracturation hydraulique à son puits horizontal Gentilly. Talisman Energy avait dit au ministère de l'Environnement que l'eau contaminée serait traitée à l'usine d'épuration de Drummondville.

    Or, une partie de cette eau a plutôt été entreposée sur un autre site de l'entreprise, aussi situé à Bécancour, dans le secteur Sainte-Gertrude.

    « Ils n'ont pas respecté l'autorisation qu'on avait émise et [ils ont] utilisé un site non autorisé par le ministère », indique Pierre Paquin, un représentant du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs.

    Le cas de Talisman Energy s'ajoute à celui de Junex, qui a fait l'objet d'une vérification du ministère des Ressources naturelles pour des irrégularités à trois de ses forages.

    Talisman Energy s'explique

    Selon une porte-parole de Talisman Energy, l'entreprise a agi ainsi pour bien faire, puisque la Ville de Drummondville a refusé de traiter ses eaux de fracturation. Par ailleurs, d'importantes pluies menaçaient de faire déborder les bassins.

    Pour Talisman Energy, ces infractions sont mineures, d'autant plus qu'aucun dommage à l'environnement n'a été constaté.

    De l'avis d'André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, cette situation démontre que l'industrie du gaz de schiste doit être surveillée. « Contrairement à ce qu'on nous a dit qu'il n'y avait pas de problème au Québec, oui il y en a des problèmes. Il y a à peu près une trentaine de puits et on commence à avoir des problèmes. Imaginez s'il y en avait 1000, 10 000 ou 15 000. »

    Le ministère de l'Environnement a inspecté tous les puits de gaz de schiste de la province. À six endroits, les inspections ont permis de constater que du gaz s'échappait. Ceci ne constitue toutefois pas une infraction, puisqu'il s'agit de méthane naturellement présent près de la surface.

    « Si on n'avait pas percé de trou, il n'y aurait pas d'émissions fugitives de méthane », fait toutefois valoir André Bélisle.

    Les audiences du Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) sur l'exploitation du gaz de schiste reprennent lundi. Plus de 200 mémoires seront présentés à l'organisme.