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Les chrétiens de nouveau ciblés

Les chrétiens de Bagdad ne sont plus que 150 000. Ils étaient trois fois plus nombreux en 2003.

Les chrétiens de Bagdad ne sont plus que 150 000. Ils étaient trois fois plus nombreux en 2003.

Photo : AFP / Ali Al-Saadi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une douzaine d'attaques vraisemblablement commises par les insurgés sunnites d'Al-Qaïda frappent des quartiers chrétiens de Bagdad. Bilan : 3 morts, plus de 30 blessés et un sentiment de panique croissant dans la communauté.

La petite communauté chrétienne d'Irak est sous le choc mercredi, après qu'une série d'attaques visant ses membres eut été commise à Bagdad.

Au moins 3 personnes sont mortes et plus d'une trentaine ont été blessées dans une dizaine d'attentats à la bombe et deux attaques au mortier perpétrées dans des quartiers chrétiens.

Les attaques ont notamment eu lieu dans les quartiers de Doura, dans le sud de la ville, à Camp Sara, dans l'est, à Adhamya, dans le nord, à Mansour, dans l'ouest, et à Karada, dans le centre.

Les attentats n'ont pas été revendiqués, mais ils surviennent deux semaines après que la cathédrale syriaque catholique Notre-Dame du Perpétuel Secours, située au centre de Bagdad, eut été attaquée par la branche locale d'Al-Qaïda.

Cet attentat avait fait plus d'une cinquantaine de morts et avait semé la panique dans la communauté chrétienne.

L'État islamique d'Irak, nom officiel du groupe d'insurgés sunnites qui se réclame d'Al-Qaïda, a dit avoir attaqué l'église en guise de représailles contre la détention alléguée de deux chrétiennes présentées comme « emprisonnées dans des monastères » par l'Église copte d'Égypte pour s'être converties à l'islam.

Le 3 novembre, la branche irakienne d'Al-Qaïda avait annoncé que d'autres attaques viseraient les chrétiens. « Les centres, organisations, institutions, dirigeants et fidèles chrétiens sont des cibles légitimes pour les moudjahidines », avait-elle déclaré.

« Ces opérations qui visaient des chrétiens apparaissent comme la suite de l'attaque contre l'église du Salut », a déclaré une source du ministère de l'Intérieur.

Les leaders chrétiens désemparés

« Que pouvons-nous faire? Ils ont lancé la chasse aux chrétiens dans tous les quartiers de la ville », déplore le patriarche chaldéen de Bagdad, Emmanuel III Delly. « On ne peut rien faire pour les arrêter, si ce n'est prier Dieu. »

« L'Irak est notre pays bien-aimé et les musulmans sont nos frères, alors pourquoi font-ils cela? Pourquoi nous attaquent-ils? », a-t-il ajouté, la voix tremblant d'émotion.

Des chrétiens de Bagdad, vus à travers une voiture qui a explosé mercredi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des chrétiens de Bagdad, vus à travers une voiture qui a explosé mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Khalid Mohammed

« On ne sait pas quel but poursuivent ces criminels, mais ce qui est certain c'est que cela va pousser encore plus de chrétiens à émigrer. Où est la sécurité que doit offrir le gouvernement aux citoyens chrétiens ou musulmans? Tout cela est très triste », a déclaré le vicaire épiscopal syriaque catholique Mgr Pios Kasha.

« Les gens sont paniqués, ils viennent nous voir dans les églises pour savoir que faire. Nous sommes atterrés par ce qui se passe », a déclaré le père Saad Sirap Hanna, prêtre de l'Église chaldéenne Saint-Joseph à Karada.

L'exode des chrétiens

La communauté chrétienne de Bagdad, qui comptait 450 000 fidèles en 2003, avant la chute de l'ex-président Saddam Hussein, n'en dénombre plus que 150 000. Les chrétiens s'exilent en masse vers les pays voisins, l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Australie.

Le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, qui s'est engagé à protéger la communauté chrétienne, demande maintenant aux autres pays de ne pas encourager les chrétiens à quitter le pays.

Ces commentaires ont été faits après que 34 chrétiens blessés dans l'attaque du 31 octobre furent arrivés en France pour y recevoir des soins. Paris a fait savoir qu'ils obtiendraient le statut de réfugié s'ils en faisaient la demande.

Ces attaques coordonnées, qui visent aussi les chiites d'Irak à d'autres moments, se produisent alors que le pays est toujours dans l'attente d'un nouveau gouvernement, huit mois après les élections du 7 mars.

Les sunnites forment de 30 % à 35 % de la population irakienne, mais ils étaient au coeur du pouvoir sous Saddam Hussein. Les chiites, qui constituent de 60 % à 65 % de la population, contrôlent maintenant les principaux leviers du pouvoir.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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