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Le développement de l'Afrique vu par Aminata Traoré

L'altermondialiste et auteure Aminata Traoré
L'altermondialiste et auteure Aminata Traoré

Les pays d'Afrique ne peuvent compter sur les pays riches pour leur développement et doivent miser sur la gouvernance et la souveraineté économique, selon l'auteure malienne Aminata Traoré.

Le Canada est un pays suffisamment riche en ressources pour subvenir à ses besoins sans aller puiser davantage sur le continent africain, affirme Aminata Traoré, auteure et ex-ministre de la Culture du Mali.

En entrevue à Radio-Canada avec Gérald Fillion, Mme Traoré a affirmé que l'amélioration des conditions sociales et économiques des Africains passait par un renforcement de la gouvernance et de la souveraineté économique des États africains.

« Pourquoi au terme de 50 ans d'essais de développement, l'Afrique doit être dans le creux de la vague en termes d'emploi et d'alimentation? Le développement en Afrique, comme on l'entend, obéit aux intérêts dominants des pays industrialisés. Mais le changement viendra de l'Afrique », soutient-elle.

Mme Traoré critique particulièrement les pays industrialisés qui exploitent les ressources du continent noir sans créer de retombées durables.

Étant donné le jeu de l'ouverture des marchés aujourd'hui, chaque puissance, petite ou grande, va ailleurs à la recherche de ressources par boulimie. On engrange, on va toujours prendre chez l'autre ce que l'on a déjà, au risque d'en condamner d'autres à la misère. Le Canada s'inscrit dans cette logique.

Aminata Traoré, auteure et altermondialiste

Selon Mme Traoré, les pays africains ne peuvent fonder leurs espoirs de développement sur le modèle des grands pays émergents.

« Les micro États que nous sommes ne peuvent réaliser ce que la Chine, l'Inde ou le Brésil ont fait. Nous n'avons pas eu la marge de manoeuvre pour construire une unité africaine qui permettrait de parler d'une seule voix. Or, au sein du G8 et du G20, les pays riches se donnent les moyens de construire leur stratégie et de l'imposer ensemble », poursuit-elle.

Certains de ces pays, comme la Chine, sont de plus en plus intéressés par les ressources du continent africain. Mme Traoré voit d'un meilleur oeil la présence des Chinois que celle de pays occidentaux.

« La Chine inquiète l'Occident plus que les Africains. Les pays industrialisés qui cherchent à faire des affaires en Afrique ont souvent des prescriptions morales, en termes de démocratie. Nous croyons en la démocratie et la gouvernance. La Chine ne nous fait pas de leçon, c'est déjà ça. »

Aminata Traoré est en visite au Québec à l'occasion des Journées québécoises de la solidarité internationale qui se tiennent jusqu'au 13 novembre dans 13 régions de la province.