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Ottawa acceptera de rapatrier Khadr dans un an

Le ministre Lawrence Cannon lors de la période de questions à la Chambre des communes
Le ministre Lawrence Cannon lors de la période de questions à la Chambre des communes Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld
Radio-Canada

Le gouvernement de Stephen Harper va respecter l'entente qui permet le retour d'Omar Khadr au Canada dans un an, mais il se défend d'avoir participé aux négociations qui ont mené à l'accord.

Le gouvernement du Canada va respecter l'entente conclue entre les États-Unis et Omar Khadr qui permet son retour au pays dans un an.

Lors de la période de questions à la Chambre des communes, le ministre des Affaires étrangères du Canada, Lawrence Cannon, a indiqué que Washington avait accepté que Khadr revienne au Canada en vertu du Traité entre le Canada et les États-Unis d'Amérique sur l'exécution des peines imposées aux termes du droit criminel. Il a affirmé qu'Ottawa mettrait en oeuvre cette entente.

« Le gouvernement américain a accepté qu'Omar Khadr revienne au Canada. Nous mettrons tout en oeuvre » pour appliquer l'entente entre le gouvernement des États-Unis et Omar Khadr, a déclaré M. Cannon.

Omar Khadr, dernier Occidental détenu à la base militaire de Guantanamo, a plaidé coupable aux accusations qui pesaient contre lui, dont celle de meurtre d'un soldat américain. Il a été condamné dimanche à une peine de 40 ans de prison par un tribunal militaire d'exception. Il n'en purgera toutefois que huit, en vertu d'une entente sur sa peine, qui prévoit qu'il pourrait faire une demande de transfert au Canada après un an d'emprisonnement aux États-Unis.

Ottawa nie avoir été informé de l'entente

Ottawa se défend toujours d'avoir pris part aux négociations qui ont mené à l'entente entre les avocats du Canadien et ceux du gouvernement américain. Des notes diplomatiques américaines datées du 23 octobre, qui ont été rendues publiques à l'issue du procès, indiquent pourtant que le gouvernement de Stephen Harper avait été mis au courant à l'avance de l'entente.

Par ailleurs, les notes échangées entre les ambassades canadienne et américaine mentionnent que le Canada et les États-Unis comprennent les conséquences d'un éventuel transfert sur le nombre d'années qu'Omar Khadr aurait à passer en prison. Le gouvernement américain reconnaît donc et accepte la possibilité qu'Omar Khadr puisse demander une libération conditionnelle au tiers de sa peine.

À Ottawa, l'opposition soutient que le gouvernement ne dit pas la vérité lorsqu'il soutient ne pas avoir été impliqué dans les négociations.

« Je trouve ça absolument aberrant que le gouvernement ne dit pas la vérité sur une négociation importante avec les Américains. Je trouve ca ridicule », a déclaré le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff.

« L'enjeu pour Khadr c'était qu'il revienne ici, pour les États-Unis, c'était de s'en débarrasser et que le Canada n'ait pas donné son OK aux deux parties, ça pas de bon sens », a ajouté le chef bloquiste Gilles Duceppe.

Extrait des notes diplomatiques américaines

[[Traduction libre] « Le gouvernement du Canada veut ainsi exprimer que, comme l'ont demandé les États-Unis, le gouvernement du Canada est enclin à envisager favorablement une demande de transfert de M. Khadr pour purger le reste de sa peine au Canada, ou la portion de cette peine déterminée par la Commission des libérations conditionnelles, dans la mesure où les conditions mentionnées précédemment sont remplies et que le gouvernement des États-Unis approuve le transfert de M. Khadr au Canada. »

[[Version originale anglaise] « The Government of Canada therefore wishes to convey that, as requested by the United States, the Government of Canada is inclined to favourably consider Mr. Khadr's application to be transferred to Canada to serve the remainder of his sentence, or such portion of the remainder of his sentence as the National Parole Board determines, provided the aforementioned conditions are met and the Government of the United States approves Mr. Khadr's transfer to Canada. »

Avec les informations de La Presse canadienne