ICI Radio-Canada

Vous naviguez sur le nouveau site

Aide à la navigation
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une commission de 5 % à la mafia

Chantier de construction
Radio-Canada

Lors d'un témoignage dans le cadre d'un procès en Italie, un sergent de la GRC affirme que des entrepreneurs en construction doivent verser à la mafia montréalaise une commission de 5 % pour les contrats obtenus.

De nouvelles révélations sur la mafia montréalaise montrent qu'elle est profondément infiltrée dans l'économie du Québec.

Lors d'un procès en Italie, le sergent Lorie McDougall, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui suit depuis des années la mafia canadienne, a affirmé que le clan Rizzuto influençait l'attribution des contrats en échange d'une ristourne.

En juin dernier, le sergent McDougall a été appelé comme témoin expert dans le cadre d'un important procès pour blanchiment d'argent de 600 millions de dollars qui impliquerait le clan Rizzuto, à Rome.

Exceptionnellement, le juge a permis la présence d'une caméra de l'émission Enquête.

Lors de son témoignage, capté par Enquête, l'enquêteur a notamment abordé la question des activités qui se déroulaient au café Consenza, à Saint-Léonard, où se réunit le clan Rizzuto. Le sergent McDougall a déclaré que des entrepreneurs en construction s'y rendaient pour donner une commission de 5 % pour les contrats obtenus.

Extrait du témoignage du sergent Lorie McDougall

Le sergent Lorie McDougall (à droite) et une interprète.Question du procureur (traduite par une interprète italienne) : « Est-ce que vous pouvez expliquer la nécessité de rencontrer la famille et de lui donner de l'argent? »

Réponse : « Il y avait parfois des problèmes avec des contrats, possiblement des contrats de construction et ils avaient l'influence pour donner des contrats à leurs amis. »

Question du procureur : « Alors, c'était la famille Rizzuto qui décidait quelles compagnies avaient les contrats de construction? »

Réponse : « Exactement. Et ils prenaient souvent un pourcentage du contrat. Si ma mémoire est bonne, c'était 5 %. »

La commission d'enquête publique revient sur le tapis

Ces révélations et les autres éléments contenus dans le livre Mafia inc., Grandeur et misère du clan sicilien au Québec, d'André Cédilot et André Noël, ont eu des échos à l'Assemblée nationale.

La chef du Parti québécois en a profité pour demander une nouvelle fois une commission d'enquête sur l'industrie de la construction.

« Tout le monde au Québec a compris que si le Parti libéral du Québec refusait une enquête publique sur la construction, c'est qu'il a des choses à se reprocher. [...] Combien de temps encore la mafia va-t-elle pouvoir faire la pluie et le beau temps dans le domaine de la construction? Tant que le premier ministre va être là ou tant que le Parti libéral va être au pouvoir? », a lancé Mme Marois.

Le premier ministre Charest a une nouvelle fois écarté la tenue d'une commission d'enquête publique, s'en remettant au travail des policiers.

« Nous agissons de la façon dont nous devons agir : en posant des gestes concrets qui nous permettront, lorsque des gens contreviennent aux lois, de les amener devant la justice », a assuré Jean Charest.

D'après des informations d'Alain Gravel