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Les aveux d'Omar Khadr présentés aux jurés

Croquis judiciaire du procès d'Omar Khadr
Croquis judiciaire du procès d'Omar Khadr Photo: La Presse canadienne / Janet Hamlin

La déclaration écrite du jeune Canadien, dans laquelle il admet avoir tué un militaire américain avec une grenade, est présentée aux sept jurés militaires lors des recommandations sur la peine de son procès.

Le tribunal militaire chargé de juger le Canadien Omar Khadr sur la base navale de Guantanamo, à Cuba, a commencé mardi à entendre les recommandations sur la peine des procureurs de l'accusation et de la défense.

Le jeune Canadien de 24 ans a plaidé coupable lundi à cinq chefs d'accusation, dont le meurtre d'un soldat américain en Afghanistan en 2002.

Le procureur du gouvernement, Jeff Groharing, a présenté aux sept jurés militaires la déclaration signée par Omar Khadr, lorsqu'il a plaidé coupable.

Dans les neuf pages du document, Omar Khadr admet avoir tué le militaire américain Christopher Speer avec une grenade lors d'une attaque des troupes américaines du complexe en Afghanistan où il se trouvait.

Il dit aussi qu'il était au courant des liens de son père avec Oussama ben Laden.

Il reconnaît également avoir participé à un camp d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan. Il admet finalement avoir fabriqué et posé des bombes artisanales pour tuer le plus grand nombre possible de militaires américains.

La « rock star de Guantanamo »

Les sept membres du jury ont également entendu le psychiatre Michael Welner, qui a évalué Omar Khadr pour la poursuite.

Il a décrit le Canadien comme un individu « très dangereux » qui « a mariné dans un environnement musulman radical ».

Il a poursuivi en présentant Omar Khadr comme « la rock star de Guantanamo » qui est aimé et adulé par ses compagnons de détention car il a tué un militaire américain.

Les autres détenus le considèrent aussi comme « le guide de leurs prières ». « C'est lui qui conduit les prières pour le camp 4 », a indiqué le psychiatre.

« Il parle anglais, c'est un garçon charmant, qui se comporte avec une certaine grâce », qui lit Harry Potter mais qui a aussi « mémorisé le Coran » plutôt que de prendre des cours pour s'occidentaliser, a ajouté le Dr Welner, qui a témoigné pendant deux heures.

Le psychiatre a basé notamment son diagnostic sur deux jours d'entretien avec le détenu en juin dernier et sur des vidéos sur sa famille qu'il a trouvées sur Internet.

Le jury a aussi entendu un expert du FBI venu expliquer une vidéo expérimentale de 10 secondes qui met en scène l'explosion d'un véhicule militaire pour démontrer l'efficacité des bombes artisanales que fabriquait Omar Khadr en Afghanistan.

Pour la première fois depuis plus de deux mois, les sept membres du jury militaire au procès d'Omar Khadr étaient présents dans la salle. En début d'audience, le juge militaire, le colonel Patrick Parrish, s'est d'abord assuré qu'aucun juré n'avait eu vent de l'accord sur le plaidoyer de culpabilité pourtant publié partout dans la presse lundi. Il leur a ensuite demandé de garder un « esprit ouvert » et leur a rappelé leur « responsabilité d'agir avec discernement ».

Une entente avec la justice américaine

Capturé en juillet 2002, à l'âge de 15 ans, par les forces américaines en Afghanistan, Khadr est détenu depuis huit ans à la prison de la base américaine de Guantanamo.

Après avoir plaidé son innocence pendant toutes ces années, Omar Khadr a accepté de plaider coupable en échange d'une peine réduite qu'il pourrait purger en partie au Canada.

Selon les termes de l'entente conclue avec ses avocats et les procureurs de la poursuite, peu importe la décision des jurés, Omar Khadr ne pourra purger une peine plus sévère que celle prévue dans l'entente dont on ignore le contenu.

Les chefs d'accusation

  • Crimes de guerre
  • Meurtre du soldat américain Christopher Speer
  • Complot
  • Soutien matériel au terrorisme
  • Espionnage

Selon Me Pascal Paradis, directeur général d'Avocats sans frontières Canada, l'entente conclue avec la justice militaire américaine accorderait à Omar Khadr le droit de déposer une demande de transfert dans une prison canadienne après avoir purgé au moins une année de sa peine à la prison de Guantanamo.

Rien ne garantit cependant qu'Ottawa accepterait de le rapatrier advenant le dépôt d'une telle demande de la part de M. Khadr. Les réactions du gouvernement conservateur de Stephen Harper ont d'ailleurs été très laconiques à ce sujet lundi.

Le procès d'Omar Khadr a alimenté une vive controverse au Canada en raison du refus catégorique du gouvernement conservateur de le rapatrier au pays. Un rapatriement aurait permis à Khadr d'être jugé au Canada et d'y purger sa peine plutôt que dans une prison américaine. Qui plus est, Omar Khadr a affirmé à plusieurs reprises avoir été torturé et maltraité pendant sa détention.

Parcours d'Omar Khadr