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Un dossier noir dénonce Jean Tremblay

Le dossier noir de l'information municipale
Radio-Canada

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec publie un premier volet du dossier noir de l'information municipale concluant que le maire de Saguenay est l'un de ceux qui s'attaquent le plus aux représentants des médias.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) publie un premier volet de son dossier noir de l'information municipale à Saguenay, qui serait l'une des villes au Québec où l'administration municipale s'attaquerait le plus aux représentants des médias, selon l'organisme.

La FPJQ a invité les journalistes de partout au Québec à parler de leurs relations avec les élus municipaux.

Dans le document de la section du Saguenay-Lac-Saint-Jean de la FPJQ, huit journalistes issus de différents médias de la région témoignent des difficultés vécues avec le maire Jean Tremblay.

Ils font état d'intimidation, de personnalisation des dossiers, et accusent l'administration municipale de nuire à la liberté de la presse.

Dominique Savard, une ex-journaliste du Réveil, raconte que la Ville de Saguenay a presque retiré sa publicité dans son journal pendant un certain temps après une discussion houleuse où le maire Jean Tremblay criait et a menacé d'appeler ses patrons à Québécor et de la faire « tasser de là ».

Un représentant du Quotidien, Louis Tremblay, a aussi été l'objet d'attaques personnelles du maire durant une conférence de presse. Jean Tremblay l'a accusé d'être négatif, d'être un opposant au développement de la ville et de la région et de ne chercher que les éléments négatifs dans les projets. Le journaliste le questionnait alors sur un projet de développement ferroviaire.

Extrait de propos tenus par Jean Tremblay lors d'une entrevue avec le journaliste du journal Le Quotidien, Pascal Girard, au sujet des coûts du quai des bateaux de croisière dans l'arrondissement de La Baie : « Là, tu veux me planter, je te vois venir, parce que vous n'avez pas eu votre contrat [de publicité]. Je le sais, le mot d'ordre est donné. On a fait ça comme il faut, faites attention vous autres parce que je peux t'avertir d'une affaire, il y a un avocat qui vous suit. »

Ciblé par le maire, le journaliste de Radio-Canada et président régional de la FPJQ, Michel Gaudreau, se défend de vouloir jouer le rôle de l'opposition. « Même s'ils ont voté à 80 % pour lui, ces citoyens-là veulent quand même être informés. Ils veulent savoir pourquoi leurs taxes ont augmenté de 16 %, ils veulent savoir combien coûtent leurs frais d'avocats. C'est légitime de savoir ça », explique M. Gaudreau.

De son côté, le journaliste d'Astral, Éric Arsenault, a déploré qu'un groupe de journalistes soit réduit à faire un dossier noir de l'information municipale pour faire respecter un des droits fondamentaux de la démocratie, la liberté de la presse.

La FPJQ constate que le maire est très disponible dans les médias tant qu'ils ne posent pas trop de questions. Sinon, Jean Tremblay les boycotte, comme il l'a fait avec Le Quotidien, Le Réveil et plus récemment Radio-Canada.

Mercredi, la FPJQ publiait d'ailleurs un communiqué où elle invitait Jean Tremblay à cesser son boycottage. « Le maire se comporte en roitelet, et il entend régner sans partage, lit-on dans le communiqué. La FPJQ est outrée qu'un élu municipal se comporte comme si le droit du public à l'information n'existait pas et comme si nous ne vivions pas en démocratie. »

Le maire Jean Tremblay n'a pas rappelé Radio-Canada après la présentation de la FPJQ au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Sur les ondes du FM 98, il a qualifié le dossier noir de l'information de « mémérage de journalistes » et dit que son travail consiste à administrer la ville pour les citoyens et non pour les journalistes.

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