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Analyse d'un dialogue forcé avec Omar Khadr

Omar Khadr en 2010

Omar Khadr en 2010

Photo : La Presse canadienne / AP, Janet Hamlin

Radio-Canada

Un documentaire présenté au Festival du nouveau cinéma s'intéresse à Omar Khadr, seul Occidental détenu à Guantanamo, à partir d'enregistrements des interrogatoires faits par des agents canadiens.

Une semaine avant la reprise du procès du Canadien Omar Khadr à la base militaire de Guantanamo, un documentaire sur celui que les Américains accusent d'avoir tué un de leurs soldats sera présenté en première mondiale.

Il y a deux ans, les avocats d'Omar Khadr avaient obtenu des bandes vidéo d'un interrogatoire mené à Guantanamo pendant quatre jours par des agents du Service canadien du renseignement de sécurité.

Luc Côté et Patricio Henriquez en diffusent de larges extraits dans leur documentaire Vous n'aimez pas la vérité.

Au premier jour, le prisonnier, qui avait alors 16 ans, dit « enfin » en voyant des représentants du Canada. Le lendemain, le prisonnier se rend compte qu'il s'agit d'un interrogatoire comme un autre. La confiance est rompue.

Des personnes qui l'ont bien connu commentent les enregistrements, notamment sa mère, sa soeur, son psychiatre et d'anciens codétenus qui parlent des mauvais traitements dont Khadr a été victime.

Le témoignage d'un ancien soldat américain surnommé le « roi de la torture », qui a côtoyé Omar Khadr dans un centre de détention en Afghanistan, est le plus saisissant. Il explique que Khadr n'était qu'un enfant, pas un terroriste endurci.

La Cour suprême du Canada a jugé que cette visite des agents canadiens avait violé les droits du détenu. Le film soutient que les agents étaient là pour obtenir des informations qui auraient pu servir contre le détenu dans un procès.

Patricio Henriquez présente son documentaire comme l'autopsie d'un échec. « Ils ne reviennent avec rien. Et c'est un échec total pour tout le monde. Pour les agents parce qu'ils ne font pas leur job et pour Omar parce qu'il est encore à Guantanamo », dit-il.

Refusé par les organismes subventionnaires provincial et fédéral, Vous n'aimez pas la vérité a été ignoré par plusieurs festivals au Canada parce que, selon ses réalisateurs, le sujet est trop sensible. Il sera projeté en première le 14 octobre au Festival du nouveau cinéma à Montréal, puis en salles au pays à partir du 29 octobre.

D'après un reportage de Stéphane Leclair